Recommandé par un de nos lecteurs au moment du lancement de notre polar Vente en l’état, le dernier volume des aventures du Commissaire Marion, Échanges (éd. Versilio) se passe en grande partie à Boulogne…

Le polar reste de loin le genre qui se lit le plus, et l’été est une période particulièrement favorable aux frissons suscités confortablement par les pages noircies au suspense.
echangesDans le genre, Échanges, de Danielle Thiéry, est tout indiqué : de retour aux affaires après une convalescence écourtée, le commissaire Edwige Marion est cantonnée aux cold cases. Alors qu’elle replonge ainsi dans une vieille affaire qui a laissé des bleus à l’âme des enquêteurs, le petit Gabriel, 5 ans, disparaît du square Léon Blum, à Boulogne-Billancourt. Très beau, fils unique d’un conseiller municipal un peu négligent et d’une mère qui l’adore, il s’est inexplicablement éloigné de l’aire de jeux. Des éléments qui rappellent la disparition de Johan Astier, sept ans auparavant, dans une autre ville de la banlieue parisienne. Mais outre ces échos, c’est à ses propres fantômes que Marion va devoir se confronter.

Danielle Thiéry a été la première commissaire divisionnaire de France. Elle nous introduit avec précision et vivacité dans les différents services de recherche criminelle, tout en filant la vie ô combien bousculée de ses personnages fétiches. Son roman se déploie cette fois-ci dans plusieurs temporalités, entrecoupées par les hallucinations-éclair inexplicablement prémonitoires d’une héroïne aux abois.
Du milieu interlope lyonnais au plus beau bureau de l’Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt, le compte à rebours, insensiblement lancé lors de la disparition de Gabriel et qui amenuise de page en page ses chances de survie, est scandé comme autant de coupes franches entraînant le lecteur d’un lieu à l’autre, sur le modèle rythmique d’un film policier, univers que l’auteure de la série Quai n°1 connaît bien.