Samedi 6 avril, le Lycée polyvalent Etienne-Jules Marey ouvrait grand ses portes aux visiteurs, pour une présentation complète de ses formations. Guidée par Angie, en Seconde « Gestion – Administration, » j’ai fait le tour, sur quatre étages, d’un établissement dynamique aux multiples facettes.

Angie et Priscillia, en Seconde Gestion-Administration.

Angie et Priscillia, en Seconde Gestion-Administration.

De la 3ème Pré-professionnelle au BTS Assistant de Manager, le lycée Etienne-Jules Marey propose une dizaine de formations différentes, dans les domaines de la photographie et des arts graphiques, du sanitaire et du social, et du tertiaire.
« Notre établissement scolarise 700 élèves, ainsi que des apprentis et des adultes en formation continue » détaille le Proviseur, Monsieur Raynald Pezavant. « Les lycées professionnels sont apparus en 1985-1986 ; ils ouvrent sur l’obtention d’un CAP [en 2 ans, ndlr], et d’un bac professionnel ou technologique [en 3 ans]. Nous accueillons également des élèves venus recevoir une formation complémentaire en un an, diplôme ou certification. Certains élèves poursuivent en IUT ou en BTS, mais ces diplômes sont professionnalisants en soi. Je suis arrivé à la tête d’Etienne-Jules Marey en 2011, mais je dirige des lycées professionnels ou polyvalents depuis plus de vingt ans ; l’évolution est très encourageante » conclut-il.

Voir le Louvre, livre d'art de la section photo.

Voir le Louvre, livre d’art de la section photo.

Direction le premier étage, où l’accent est mis sur les actions culturelles menées au lycée. Des sorties au théâtre (en partenariat avec le TOP et le Théâtre 13), des visites d’expositions, des voyages, des conférences sur la citoyenneté… sont proposés tout au long de l’année. En vente, ce jour-là, un remarquable livre de photographies, Voir le Louvre, entièrement conçu par la classe de photo. « Les élèves ont exposé leurs travaux au Louvre avant de constituer cet ouvrage » indique une enseignante. Un livre qui a vu le jour grâce à l’aide de la FCPE, qui en a subventionné l’impression.

Quelques classes plus loin, les élèves de la 3ème Découverte professionnelle (DP) nous accueillent.

Jehanne et Alexandre, en 3ème DP, devant leurs travaux de TNI.

Jehanne et Alexandre, en 3ème DP, devant leurs travaux de TNI.

Ils suivent, au lycée, le cursus d’une 3ème générale, avec en plus six heures hebdomadaires de découverte des métiers : traitement numérique de l’image, photographie, bureautique, gestion-administration, prévention santé et environnement, petite enfance… l’aperçu est vaste, et permet à ces collégiens de mieux préparer leur orientation.
Alexandre sait déjà qu’il optera l’an prochain pour la filière Gestion-Administration, dans le même lycée. Jehanne, quant à elle, reprendra un cursus général avec une option Arts appliqués (ST2A). « Des passerelles sont maintenues avec la filière générale » souligne un enseignant.

Au deuxième étage, un groupe de parents et de futurs élèves attentifs écoutent les explications des enseignants de la classe européenne « Gestion-Administration. »

Sandrine et Kate échangent en anglais, sous l’œil de leur professeur.

Sandrine et Kate échangent en anglais, sous l’œil de leur professeur.

Ce bac pro prépare aux métiers de l’administration, en entreprise ou dans le secteur public. C’est la classe que rejoindra Angie en première, avec des cours en anglais. La formation met l’accent sur la polyvalence des personnes. Leur baccalauréat obtenu, les élèves peuvent préparer le BTS d’assistant manager.
Ses aînées Sandrine et Kate reviennent d’un stage de 5 semaines à Malte où elles ont beaucoup appris… et où elles se sont beaucoup amusées ! On essaie l’interview en anglais pour voir : souriantes, elles ne se démontent pas ! D’où il ressort que « They had a very good time in Malta. » Leur enseignante, Madame de Villepin, explique que c’était l’occasion de les plonger dans un environnement anglophone. Mais, note-t-elle, de plus en plus de Maltais ne parlent plus anglais, privilégiant la langue insulaire…

M. Ben Mohamed utilise l'EXAO.

M. Ben Mohamed utilise l’EXAO.

A l’étage supérieur, Messieurs Ben Mohamed et Le Bruno, les enseignants de mathématiques et de physique, font des démonstrations d’expériences, de manière traditionnelle mais également au moyen d’un équipement EXAO (expérimentation assistée par ordinateur). Ces cours sont suivis en demi-groupes par les élèves en photographie et en accompagnement, soins et services à la personne. Si les enseignants sont très attachés aux manipulations classiques, qui correspondent à l’esprit de la physique, ils expliquent l’intérêt des dispositifs informatiques : une adaptation à l’environnement des élèves (en témoigne, projeté au mur, « l’émulateur calculatrice »), mais aussi un gain de temps pour les retours d’expérience.

Sonia Dougarem et Esther Boirard, enseignantes des SPVL

Sonia Dougarem et Esther Boirard, enseignantes des SPVL

On change totalement d’univers dans le département des Services proximité et vie locale. Madame Boirard nous explique que deux options sont proposées au lycée :

  • Gestion des espaces ouverts au public (du musée au commissariat de police)
  • Animation, socialisation et citoyenneté (dans les ludothèques par exemple)

Un bac professionnel qui met l’accent sur l’écoute de l’autre, la gestion et la prévention des conflits, et l’adaptation à tous types de publics, de structures et de situations. Chacune des trois années de formation est marquée par un stage long. Si tous les élèves présentent le CAP, ils poursuivent tous jusqu’au bac. Taux de réussite : 100 %.
A l’issue, nombre d’élèves deviennent animateurs, moniteurs, éducateurs et agents d’accueil. Certains poursuivent un BTS et quelques uns s’orientent vers le métier d’assistant social.

A l’étage suivant, on rencontre les élèves-auxiliaires de puériculture.
De rose et noir vêtues, ces jeunes filles sélectionnées sur concours suivent au lycée une formation d’un an, théorique et pratique, pour devenir aptes à s’occuper d’enfants de moins de six ans.

Mélanie, Clémentine et Adeline, futures auxiliaires de puériculture.

Mélanie, Clémentine et Adeline, futures auxiliaires de puériculture.

Auparavant, elles ont pu passer un CAP petite enfance, un BTS ou un baccalauréat. La formation leur permet de découvrir le métier sous tous les angles, via six stages d’un mois dans différentes structures, telles que les PMI, les centres multi-accueil, les maternités, les services de néonatologie, les pouponnières, et les structures d’accueil pour enfants handicapés.
A trois mois de la fin de leur formation, certaines ont fait leur choix : pour Adeline Rousseau, ce sera le milieu hospitalier, pour Clémentine Le Rouzo, les crèches, et pour Mélanie Guigo, les pouponnières.

On passe ensuite à la section Accompagnement, soins et services à la personne.

Lucile, Ariane, Julie et Aashna prodiguent leurs soins à un bébé.

Lucile, Ariane, Julie et Aashna prodiguent leurs soins à un bébé.

La préparation au bac pro comporte 22 semaines de stage, réparties sur trois ans. En seconde, les élèves travaillent auprès d’enfants, en première, auprès d’adultes non autonomes et, en terminale, ils bouclent leur formation avec un stage de 8 semaines auprès du public de leur choix. Venus de Garches, Clamart, Issy, Ville d’Avray, Meudon ou Châtillon, les élèves doivent également trouver le stage dans le secteur du lycée : en effet, leurs enseignants se rendent régulièrement sur leur lieu de stage pour suivre leurs progrès.
Pour la photo, Aashna, Julie, Lucile et Ariane nous font une démonstration de changement de couche sur mannequin articulé ayant la masse d’un vrai bébé.

Une partie de la promotion des aide-soignants, avec leurs professeurs.

Une partie de la promotion des aide-soignants, avec leurs professeurs.

Les futurs aide-soignants de la salle voisine sont un peu plus âgés, et pour cause : il s’agit de nouveau d’une formation complémentaire en un an, que l’on ne peut suivre qu’à partir de 17 ans. En effet, les hôpitaux n’acceptent pas de stagiaires mineurs, or l’accent est de nouveau mis sur des stages intensifs dans les milieux médicalisés : psychiatrie, médecine interne, gériatrie, chirurgie orthopédique ou vasculaire, réanimation, oncologie…
Enthousiastes, les élèves témoignent d’une « formation intense et très enrichissante !«  : « Ces stages nous ouvrent les yeux sur le métier » déclare Marion Martagex, qui se destine à la médecine interne, tandis que Samanta Redzepovič renchérit : « Par exemple, on a souvent une fausse idée de la psychiatrie. C’est en réalité un environnement très divers, qui s’appuie beaucoup sur les relations humaines. » C’est le choix qu’elle fait pour la suite, tout en reconnaissant : « Il faut avoir les épaules, moralement et physiquement. »

Après un bref passage par les cuisines, où l’on apprend à servir petits-déjeuners et déjeuners aux enfants des crèches, direction le pôle graphique.

Alicia Contini, élève de la section, a réalisé l'affiche de la campagne 2012. Une de ses camarades s'est chargée du dépliant distribué dans les écoles.

Alicia Contini, élève de la section, a réalisé l’affiche de la campagne 2012. Une de ses camarades s’est chargée du dépliant distribué dans les écoles.

Madame Seznec enseigne au département Graphisme et communication visuelle, qui propose une formation d’un an post-bac. La sélection sur entretien des douze élèves de la promotion est très exigeante, et Madame Seznec s’en explique : « En école, une telle formation vaut des milliers d’euros. Ici, elle est gratuite, performante et sur des supports de grande qualité, grâce à l’aide de la Région. » Du doigt, elle désigne les 12 Macs flambant neuf dans la salle. « Dans ces conditions, ni les élèves, ni nous, ne pouvons nous permettre de perdre une année. » La formation, qui comprend trois stages de six semaines, permet une mise à niveau avant d’intégrer une école supérieure aussi bien qu’une entrée directe dans la vie active. Nombreux sont en effet les stagiaires qui trouvent leur premier emploi dans l’entreprise qui les a formés.
La section a par ailleurs développé des partenariats, avec le musée des Arts graphiques mais également avec la Ville de Boulogne-Billancourt, pour laquelle les élèves réalisent chaque année l’affiche de la banque alimentaire.

On termine notre tour par le bac Pro photo, dont les élèves et enseignants nous accueillent au cœur du studio de prises de vue.
Monsieur Pakiela nous détaille cette formation complète assurée un jour par semaine. « Le reste du temps, les élèves suivent un cursus normal de lycée, avec en plus l’histoire des arts » explique-t-il.

Sankoumba Badio fait une démonstration à la chambre photo.

Sankoumba Badio fait une démonstration à la chambre photo.

En trois ans et 22 semaines de stage, les élèves auront manipulé tous les types d’appareil, du réflex à la chambre photo, de l’argentique au numérique. Ils auront réalisé un reportage par mois en extérieur, auront reçu des cours de composition, d’éclairage et de prise de vue, et maîtriseront les techniques de tirage, développement et retouche de l’image.
Entre autres applications, les élèves proposaient ce jour deux expositions, une « à la manière du studio Harcourt » et l’autre d’après leur voyage à Venise.
De la belle ouvrage, qui attire beaucoup d’appelés… mais peu d’élus : sur les quelque 250 candidatures enregistrées cette année, seules 24 ont été retenues !

A l’issue de la visite, Angie me fait remplir un formulaire qu’elle contre-signe, pour parachever cet exercice d’accueil. Comme le rappelle Monsieur Pezavant, qui le leur a demandé depuis l’année dernière, les élèves de la section « Gestion-Administration » volontaires pour assurer l’accueil durant cette matinée sont à la fois valorisés et… évalués !