Du 20 novembre au 9 janvier 2016, la galerie Mondap’Art accueille les œuvres de 14 artistes autour de la thématique du portrait pour une exposition stimulante, Portrait conjugué.

Portrait conjugué

Anne-Valérie Dupont à l’issue de sa performance – CR Isabelle Lefort

Lors du vernissage de Portrait conjugué, je suis passé vers 20 heures devant Anne Valérie Dupond. Elle triturait des chiffons aux formes molles et indéfinies. Je suis revenu une demi-heure après. Le visage de Gandhi, son demi-sourire devenait très expressif, sur son buste textile. De gros fils noirs soulignaient les traits et l’expression du visage. Quand je suis reparti, Anne Valérie Dupond s’attaquait aux lunettes. A côté de Gandhi siégeaient Victor Hugo, Rodin et d’autres personnages illustres. Votre portrait pourrait aussi y figurer, à votre demande, et au vu d’une simple photo ou dessin.

Portrait conjugué : 14 artistes se mesurent au portrait

Il s’agissait là d’une « performance » en public, d’une des 14 artistes, actuellement présentés à la Galerie Mondapart :
Agnès Audras, Juliette Clovis, Corinne de Battista, Isabelle de Luca, Anne Valérie Dupond, Florian Eymann, Arnaud Franc, Virginie Groleau, Yves Koerkel, Hélène Loussier, Pauline Ohrel, Aurélie Poux, Ari Rossner Sophie Sigoret.

Une telle concentration de talents affirmés dans cette Galerie sympathique, mais qui n’a pas les dimensions d’un musée, est certes excessive pour pouvoir apprécier chacune des œuvres exposées. Aussi nous ne donnerons qu’un bref aperçu de quelques sculptures, tableaux, montages qui ont plus particulièrement retenu mon attention.

Portrait conjugué

Les portraits de Florian Eymann, dans la veine de Francis Bacon

Les ombres portées sur les fils d’imprimantes 3D utilisés par Agnès Audras pour ses sculptures filiformes leur donne un relief, une impression de mouvement, une expression étonnantes.
Les portraits, aux limites de l’abstraction, de Florian Eymann ont une force, une violence dans la veine d’un Francis Bacon.
Arnaud Franc, parle mieux que quiconque de ses portraits lorsqu’il écrit :

« La ligne qui passe et m’enveloppe
de tout son geste, précipite mes contours
et soulève des débordements fébriles »… 

Le papier mis en forme par Yves Koerkel, « devient volume et se mue en formes organiques sculpturales »…

La transparence et l’élégance des anamorphoses des « grillages » de Pauline Ohrel contrastent avec ses formes plus classiques en bronze ou en terre.
Ces mâles dominants, au regard fermé, surplombant de plus petits personnages, sortes de faire valoir, peints par Sophie Sigorel, m’ont intrigué. Je suis passé devant plusieurs fois. Ils n’étaient jamais tout à fait identiques à ceux que j’avais vus au départ

Le portrait, un art contemporain

Portrait conjugué

Les portraits en grillages de Pauline Ohrel

L’intérêt principal de cette exposition est bien cette actualisation de l’art du portrait.

Si vous ne supportez plus les portraits de famille, aux poses avantageuses, qui trônent encore dans quelques salons bourgeois, si vous êtes excédés par la mode du selfie, niveau suprême du narcissisme et degré zéro de la photographie, courez à Mondapart, vous y constaterez peut-être que ces nouvelles expressions du portrait sont une forme majeure et très composite d’art contemporain.

Portrait conjugué, du 20 novembre au 9 janvier 2016, galerie Mondap’Art, 80 rue du Château.

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Gilbert Veyret

Gilbert Veyret

Il pensait ne rester que peu de temps à Boulogne-Billancourt. Cela fait plus de 40 ans que ça dure. 5 de ses petits enfants y vivent. Il commence donc vraiment à se sentir Boulonnais et à en connaître les contours ! Mais il aime aussi en sortir (Bordeaux, en arrière plan)