Ce matin, les parents d’élèves de l’école Robert Doisneau, la première école du Trapèze, organisaient une « flash mob » contre les sur-effectifs en primaire.

Les parents d'élèves de Robert Doisneau manifestaient ce matin contre les sur-effectifs

Le message était simple : la limite est franchie ! Dans l’école du nouveau quartier, qui compte actuellement 7 classes de maternelle et 6 classes de primaire, les élèves de CP, CE1 et CM1 sont entre 30 et 34 élèves par classe, dans des salles conçues pour accueillir au maximum 28 enfants.
« Dans le département des Hauts de Seine, on ouvre normalement une nouvelle classe lorsque la limite des 28 élèves est franchie » explique le directeur, Monsieur Gain. Mais dans le cas de l’école Robert Doisneau, l’Inspection fait la sourde oreille : « L’inspecteur a demandé un comptage à la rentrée prochaine avant d’ouvrir une nouvelle classe, poursuit le directeur. Or, la situation particulière de notre quartier en cours d’aménagement ne nous permet pas de ne pas anticiper dès maintenant. »
La situation, la voici : le quartier se peuple peu à peu. De mois en mois, de nouveaux immeubles sont livrés, et les habitants emménagent au fur et à mesure, y compris en pleine année scolaire. « Nous avons déjà vécu cela cette année, explique Mélanie Ghez, tête de liste de l’association de parents d’élèves PEEP de l’école. Deux jours après la rentrée, l’Inspection a ouvert une classe supplémentaire et les enfants étaient en moyenne à 25 par classe. Mais nous avons assisté en réalité à une rentrée échelonnée, au rythme des livraisons d’immeubles. Ce sont ainsi 50 enfants qui ont fait leur rentrée à l’école en cours d’année, occasionnant des sur-effectifs. Le phénomène est appelé à se reproduire l’an prochain. »
« Face à l’école, un immeuble va être livré à la rentrée. Les futurs habitants m’écrivent naturellement pour inscrire leurs enfants à l’école alors que l’on compte d’ores et déjà 180 élèves dans les 6 classes de primaire » ajoute le directeur.

La cour superposée de l'école Robert Doisneau

Pour les parents comme pour les enseignants, les problèmes liés au défaut d’anticipation sont multiples : « Nous sommes dans une école pilote bilangue, rappelle Mélanie. En recrutant d’urgence un enseignant à la rentrée, on ne peut être certain qu’il présente le profil requis. De plus, nous sommes dans une école neuve, qui ne dispose pas encore de suffisamment de fonds de classe. Cette année, les enseignants ont partagé leur matériel avec la nouvelle maîtresse, mais la pédagogie en pâtit. Enfin, les classes ne sont pas conçues pour accueillir autant d’enfants, les tables sont à touche-touche, les enseignants y circulent de biais ! »
Pour remédier à cet inconfort, les parents d’élèves et le directeur ont demandé l’ouverture de deux classes supplémentaires à l’école, une dès la rentrée, et une autre en cours d’année pour accueillir les nouveaux élèves. L’école a la capacité de les accueillir en théorie, puisque sur ses 18 classes de maternelle et de primaire, seules 13 sont ouvertes aujourd’hui.

Bien que soutenus par le maire, Pierre-Christophe Baguet, et par l’adjoint aux Affaires scolaires, Guy Baroli, parents, directeur et enseignants n’ont pour l’instant pas obtenu gain de cause. La manifestation de ce matin, où les sur-effectifs étaient symbolisés par des panneaux de limitation de vitesse et des thermomètres géants brandis par les parents, était destinée à attirer de nouveau l’attention de l’Inspection d’Académie sur le cas de l’école Doisneau. « Les parents d’élèves de toutes les associations sont déterminés à aller au bout, prévient Mélanie : si l’Inspection ne s’engage pas à ouvrir deux nouvelles classes, nous organiserons le blocus de l’école à la rentrée. »

Cette situation souligne la disparité des écoles boulonnaises : au Nord, on ferme des classes faute d’élèves, et au Sud, les classes saturent. Le moment est peut-être venu d’envisager le problème à l’échelle de la ville avec l’Inspection d’académie.