Cela fait quelques mois déjà que les élections municipales de 2014 animent l’actualité locale et nationale. Depuis quelques semaines, le sujet prend de l’importance. A 9 mois de l’échéance, l’e-bb vous propose un premier état des lieux.

C’est aux allusions entre initiés, notamment lors des conseils, et à la prolifération des comptes évocateurs en tous genres sur les réseaux sociaux, que l’on sent approcher une élection. En ce début juin, certains acteurs sont très avancés dans leur projet de campagne, alors que d’autres commencent à y penser. A leur image, cet article est donc appelé à évoluer.
Pour en savoir plus, nous avons pris contact avec certains des candidats aux législatives de l’an dernier (Philippe Blanc, Sofiane Bouktit, Julien Dufour, Julien Marcel), avec des représentants de partis politiques (Parti socialiste, EELV, Front de Gauche), avec des proches de candidats déclarés (Béatrice Belliard, Marc Haddad, Henri Ricard, Gauthier Mougin) et avec des acteurs de la vie politique boulonnaise (Frédéric Ramel, Antoine de Jerphanion, Alain Mathioudakis).
A l’exception regrettable de Béatrice Belliard, première adjointe, qui n’a pas voulu écouter notre question parce que « Nous ne sommes pas sûrs de ce que vous écrivez » (sic), nos interlocuteurs nous ont réservé un bon accueil. Nous publierons dès réception les réponses qui nous manquent encore.

A l’UMP, deux prétendants pour une investiture.

NDLR  04062013  20 heures   Pierre-Christophe Baguet est investi candidat UMP pour les municipales 2014

Le maire sortant, Pierre-Christophe Baguet, a sollicité l’investiture de l’UMP, dont il est membre.

Gauthier Mougin, adjoint à l'Urbanisme

Gauthier Mougin, adjoint à l’Urbanisme

Après avoir obtenu le soutien à l’unanimité moins une voix du bureau départemental, Monsieur Baguet espère l’avis favorable de la commission nationale le 4 juin prochain.
« Il devrait l’obtenir, estime Gauthier Mougin, adjoint à l’Urbanisme, ce serait un bouleversement à l’UMP si un candidat sortant, qui n’a pas démérité, n’obtenait pas l’investiture. »
Henri Ricard, adjoint aux Travaux, qui l’accompagne depuis ses débuts, est sur la même longueur d’ondes : « Je suis confiant, il a un bon bilan. »
Si toutefois la commission d’investiture en décidait autrement, cela n’entamerait en rien la détermination de Pierre-Christophe Baguet. « On n’est plus dans les années 80 où l’étiquette faisait l’élection, commente Gauthier Mougin. Nous la demandons, mais l’élection municipale est une élection de proximité, où l’on vote pour des hommes, un bilan et un projet. C’est ce que nous présenterons aux électeurs. »

Marc Haddad, ancien responsable des jeunes UMP

Marc Haddad, ancien responsable des jeunes UMP

D’après ses proches, Monsieur Baguet devrait par ailleurs obtenir le soutien de l’UDI.

L’autre prétendant à l’investiture UMP est Pierre-Mathieu Duhamel, ancien maire. De source bien informée, comme son compétiteur, Monsieur Duhamel mène campagne directement auprès des membres de la commission nationale d’investiture. D’après Marc Haddad, proche du candidat et du député Thierry Solère – qui le soutient indéfectiblement -, l’objectif est d’obtenir, sinon l’investiture, du moins l’organisation de primaires à Boulogne-Billancourt pour départager les deux prétendants.
Que décidera la commission d’investiture ? Fera-t-elle un choix franc et massif ? optera-t-elle pour des primaires, bien que le sortant se représente, et malgré les critiques de l’élection parisienne ? Gèlera-t-elle, comme elle l’a déjà fait, l’investiture pour se laisser le temps de la réflexion ? Réponse demain !
EDIT 090613 : Rencontré cet après-midi, Monsieur Duhamel a déclaré que l’investiture ne bouleversait pas ses plans. On a compris qu’il annoncerait sa candidature après les vacances.

Le rôle de l’UDI

Pour Frédéric Ramel, militant de l’UDI, il est probable que cette union des partis du centre accorde son investiture au candidat soutenu par l’UMP. « L’UDI a été fondée en octobre, rappelle-t-il, nous sommes en train de mettre en place nos structures internes. On ne peut songer à une liste UDI indépendante dans notre ville l’an prochain, c’est trop tôt. »
« Au sein de l’actuelle municipalité, la plupart des élus UDI sont membres de la majorité et seront loyaux à Pierre-Christophe Baguet, » estime-t-il. Mais il pense aussi que l’on retrouvera des membres de l’UDI sur plusieurs listes, qui que soit le bénéficiaire de l’investiture. « Ce qui est important, c’est que nos idées et nos valeurs pèsent dans le débat » conclut-il.

Au parti socialiste, de probables primaires

EDIT 050613 : Les instances nationales du PS ont validé hier soir l’organisation de primaires ouvertes.

Nicolas Gaborit, secrétaire de la section PS, nous le confirme, le processus est lancé : « Nous attendons d’un jour à l’autre la validation du national » annonce-t-il.

Nicolas Gaborit, secrétaire de la section PS.

Nicolas Gaborit, secrétaire de la section PS.

Si tout se passe comme prévu, le parti socialiste devrait donc organiser pour cette élection des primaires ouvertes. « Tous les membres du PS boulonnais, et tous les électeurs de la ville pourraient voter, détaille Nicolas Gaborit, selon le principe retenu lors des présidentielles : il faudra pouvoir faire la preuve de son statut d’électeur, et déclarer partager les valeurs de gauche. » Côté candidats, le secrétaire de section souhaite une ouverture aux membres des autres partis de gauche, qui se présenteraient avec l’accord de leur parti.
Cette démarche est motivée par plusieurs choses, énumère Monsieur Gaborit : « Nous souhaitons poursuivre la modernisation de la vie politique en engageant un débat avec les Boulonnais sur le programme. Nous organiserons en outre au moins un débat entre les différents candidats aux primaires. » Par ailleurs, le PS souhaite faire de cette démarche un modèle : « Il faut reconnaître que le contraste est saisissant avec la procédure UMP, » souligne-t-il. « Nous souhaitons donner un élan, dans un contexte de rivalité à droite. Les Boulonnais doivent savoir qu’il n’y a pas de fatalité à voir sans cesse l’un prendre sa revanche sur l’autre, et à retrouver toujours les mêmes élus au conseil, au gré des alliances. »
Le calendrier est d’ores et déjà arrêté : « Dès que nous en aurons l’aval, nous lancerons un appel à candidature, pour un dépôt ouvert jusqu’au mois de juillet. L’élection devrait se dérouler en octobre. » D’après les observateurs, trois candidats seraient déjà en lice.

Chez les autres partis de gauche, le temps de la réflexion

En attendant l’organisation de ces primaires, les autres partis avancent de leur côté.

Sébastien Scognamiglio, responsable d'EELV

Sébastien Scognamiglio, responsable d’EELV

C’est ce que nous explique Sébastien Scognamiglio, responsable d’EELV : « Nous préparons une liste autonome ouverte à la société civile et aux associations environnementales pour les élections municipales de mars 2014. Nous sommes actuellement en train de travailler à notre programme écologiste que nous présenterons à la population à la rentrée de septembre.
Attentifs à ce qui se passe à gauche et soucieux de mettre tout en œuvre pour faire gagner la gauche et les écologistes, nous attendons la décision définitive du Parti Socialiste d’organiser une primaire ouverte de l’alternance pour prendre notre décision d’y participer ou pas en fonction des opportunités de mettre en avant notre projet écologiste pour notre ville. »

Au Front de Gauche, la discussion sur les municipales commence, nous apprend Anne-Marie Vierge, du PCF, mais à ce jour, rien n’est décidé.

Un Front national en ordre de marche

Julien Dufour, qui s’était présenté à la législative de 2012, a été investi par le FN-Rassemblement Bleu marine dès la fin de l’année dernière, « une marque de confiance de nos responsables dans mon action menée depuis septembre 2011 comme responsable de la section de Boulogne-Billancourt » souligne-t-il. Julien Dufour a en effet multiplié les actions depuis cette date. Pour la municipale, il n’a qu’un mot d’ordre : « rendre leur voix aux Boulonnais(es). »

Julien Dufour a été investi par le FN-RBM

Julien Dufour a été investi par le FN-RBM

Il pointe la faible participation des électeurs en 2008, 52 % des inscrits. Une anomalie pour le candidat, qui développe : « Il n’est pas concevable non plus que les Boulonnais soient à nouveau obligés de voter pour des listes dont le programme ne serait qu’un amoncellement de promesses fantaisistes, irréalisables voire électoralistes.
Pour mémoire la liste conduite par Messieurs Baguet et Solère, hier unis aujourd’hui ennemis, promettait le métro au Pont de Billancourt, l’enfouissement de l’avenue du Général Leclerc, la construction d’une nouvelle maternité, d’un nouveau commissariat, une limitation à 110.000 m² de constructibilité sur l’Ile Seguin.
Autant de promesses qui n’engageaient que les Boulonnais crédules qui les écoutaient.
On mesure aujourd’hui à quel point le programme de 2008 a été respecté, et à quel point les Boulonnais ont de quoi vouloir reprendre leur voix !
Entretemps, nous avons eu le droit à une parodie de « référendum » sur le devenir de l’Ile Seguin, avec un choix fermé, consistant à choisir le moins mauvais des dossiers présentés par Jean Nouvel. A aucun moment je n’ai personnellement entendu dans la bouche de Jean Nouvel prononcer les phrases « besoin des Boulonnais », « lutter contre un déficit d’infrastructures »…
En tant que candidat à la Mairie de Boulogne-Billancourt, mon but est que les besoins et envies des Boulonnais(es) soient enfin pris en compte et entendus.
A la fois durant la campagne en les interrogeant sur différents sujets ayant trait à la vie dans notre ville, (à la fois pour les habitants, mais aussi pour les commerçants et artisans), afin de présenter un projet répondant à ce que nos voisins veulent, mais aussi tout au long de mon mandat, si je suis élu Maire, en associant au travers de VRAIS référendums dès lors que les décisions impacteront les Boulonnais dans leur quotidien, en matière de finances ou de choix urbanistiques.
Le temps où les Boulonnais n’avaient le choix qu’entre une UMP dont les turpitudes dans notre département sont aujourd’hui révélées au grand jour (Le Monarque, son fils, son fief ou plus récemment 92 Connection), et un PS dont le seul dessein est de transformer en un nouveau 93, est révolu. »
Julien Dufour devrait prochainement ouvrir sa permanence avenue Édouard Vaillant.

Des projets de listes de la société civile

Face aux logiques et aux calendriers des partis se dessine l’envie d’une liste de société civile.
C’est par exemple le souhait de Philippe Blanc, ancien candidat aux législatives pour le Parti pirate : « Lorsque je me suis présenté l’an dernier, ma candidature ne portait pas sur les problèmes locaux, et j’ai dénoncé les promesses des autres candidats, qui oubliaient un peu vite qu’un député est un élu national ! Depuis, je me suis pris de passion pour la ville, et je me suis fait des amis dans tous les camps ! Malheureusement les querelles de chef détournent les bonnes-volontés, et l’opposition tombe trop facilement dans une ultra-critique qui frise avec la mauvaise foi. J’appelle de mes vœux une liste citoyenne d’experts aux choix non dictés par les partis et les règlements de comptes. » Pourrait-il en être le meneur ? «  J’aimerais mieux soutenir un candidat que d’être en tête d’affiche ! Et quoi qu’il arrive, je resterai porteur des valeurs de ma candidature de l’an dernier. »

Une liste d’intérêt local, c’est aussi le projet d’Alain Mathioudakis et Naïk Guezel.

Alain Mathioudakis

Alain Mathioudakis, cofondateur de BBCVous

« Je suis engagé à Boulogne-Billancourt depuis longtemps ; j’ai été le responsable local d’EELV et demeure très actif dans la vie associative. Je tire de ces années d’action et d’observation un constat d’échec des exécutifs municipaux : ils sont paralysés par leurs oppositions internes. A ceci s’ajoute, de plus en plus, un certain mépris pour les citoyens, au profit d’une politique du fait accompli. Or nous sommes en train de négocier des virages importants pour la ville : l’extension de GPSO, les débats sur la densification, la saturation de nos infrastructures et de nos transports, la tentation de réduire les espaces de liberté pour construire plus… C’est aujourd’hui qu’il faudrait privilégier la recherche du consensus, comme cela se fait dans d’autres pays, et même à d’autres échelles en France ! La Ville doit être solide sur ses bases et bénéficier du soutien de sa population pour faire face à ces enjeux. Seule une liste d’intérêt local, qui transcenderait une opposition partisane archaïque, me semble à même de défendre cette nouvelle politique. »
Fort de cette analyse, Alain Mathioudakis a fondé, avec d’autres, BBCVous, association de préfiguration d’une liste municipale. Le lancement officiel devrait avoir lieu dans la dernière semaine de juin (contact : bbcvous@gmail.com)

Des citoyens engagés auprès de candidats ou décidés à peser dans le débat

 

Antoine de Jerphanion, président fondateur de G109

Antoine de Jerphanion, président fondateur de G109

Antoine de Jerphanion, président de G109 qui ouvrira 4 nouvelles antennes en France d’ici juillet, et, localement, du mouvement In Boulogne We Trust, poursuit sur la ligne qu’il nous avait présentée en octobre : « Nous allons publier, avant l’été, un livre blanc pour une nouvelle politique du sport et de la jeunesse à Boulogne-Billancourt. Ce travail sera le fruit de plusieurs mois de rencontres et d’échanges avec de nombreux jeunes boulonnais et avec des acteurs du monde associatif.
Génération 109 espère que les candidats seront à l’écoute et étudierons ses propositions.
Si nous n’envisageons pas de présenter une liste pour les municipales de 2014, nous nous mobiliserons pour que la jeunesse et le sport soient deux des principaux thèmes de la campagne électorale car ils forment un enjeux majeur pour notre ville.
Sur le fond, nous aurons donc l’occasion de développer davantage notre propos dans les semaines à venir.
Sur la forme, nous sommes en train de nous organiser et d’établir un calendrier qui nous permettra d’influer sur le débat municipal. » Pas de liste, donc, mais une « parole des jeunes » qui cherchera à se faire entendre des différents candidats.

De son côté, Julien Marcel, qui s’était présenté en outsider aux élections législatives, a choisi son candidat pour l’an prochain : « Ma candidature aux législatives était le résultat (1) de mon intérêt pour la chose publique et (2) de mon insatisfaction face au choix qui nous était proposé entre Thierry Solère et Claude Guéant.

Julien Marcel, candidat indépendant dans la 9ème circonscription en 2012

Julien Marcel, candidat indépendant dans la 9ème circonscription en 2012

Pour les municipales, les choses sont différentes. Nous avons un maire sortant qui, selon moi, n’a pas démérité. Avec, notamment, des finances saines, un projet pour l’ile Seguin enfin sorti de l’ornière et une politique volontariste en faveur de la petite enfance, je pense qu’il y a des sujets de satisfaction. D’un autre côté, en termes de circulation douce ou d’offre sportive, les marges de progression sont importantes. Je ne sais pas encore quel rôle je jouerai pour cette campagne, cela dépendra à la fois de ma situation personnelle et des choix de Pierre-Christophe Baguet, mais mon soutien lui est acquis. Pas le soutien d’un « courtisan » mais celui d’un citoyen, père de famille, chef d’entreprise et… boulonnais ! » Déjà en campagne pourtant, Julien Marcel ajoute : « La « pré-campagne » de Pierre-Mathieu Duhamel a joué un rôle déterminant dans mon choix. Je souhaitais vraiment en savoir plus sur les motivations de sa démarche mais force est de constater que tout ce que j’observe à ce stade est complètement stérile. Depuis un an, Pierre-Mathieu Duhamel a posté sur son blog 62 messages dont 41 sont des attaques contre PC Baguet, 10 sont des « autopromotions », 10 des considérations générales sur la France et un seul comporte une proposition pour Boulogne… Dans le même temps, j’ai été particulièrement choqué par le mélange de rumeurs (PC Baguet candidat à Issy !) et de fausses informations (concernant les finances locales) colportées par notre député et ses soutiens… Pour moi, c’est clair et net : la critique systématique n’est pas ma conception de la politique. »
Il conclut : « J’espère que la campagne va prendre un peu de hauteur. Je pousserai en tout cas Pierre-Christophe Baguet à aller dans le sens de propositions et d’une ambition nouvelle pour Boulogne à l’horizon 2020. »

Sofiane Boukit quant à lui, n’a pas encore pris de décision. Bientôt papa, celui qui fut candidat sans étiquette en 2012 a pour l’instant d’autres priorités !

Et les autres ?

Si vous avez des informations sur d’autres projets, n’hésitez pas à nous en informer, nous nous en ferons le relais !

Guy, François et Anne-Sophie

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