Du 5 au 8 juillet à Villepinte se tiendra la fameuse Japan Expo.

Cerisier rouge en nihonga - CR P. Moore

L’occasion de découvrir le travail de la jeune artiste boulonnaise Priscilla Moore, spécialiste du Nihon-ga, la peinture japonaise traditionnelle. Formée d’abord à Osaka, Priscilla (qui n’est autre que la nièce de Laurence Moore !) s’initie à ces techniques vieilles de plus de 10 siècles, consistant à peindre, à l’eau, sur des supports de soie ou de papier marouflé, avec des pigments naturels (coquillages broyés, azurite, sable, terre), liés au moyen de gélatine de poisson.

A la Japan expo, elle présentera, avec d’autres artistes (Valérie Eguchi, Jok-Wah Fong, Karma Yeshe), un ensemble d’œuvres sur le thème du cerisier en fleurs, sur le stand de Pigments et arts du monde. Les tableaux sont composés en accord avec des poèmes de Taro Aizu, originaire de Fukushima.

Par ce geste, les artistes soutiennent la production du documentaire Printemps à Hanamiyama, tourné à proximité de Fukushima après la catastrophe et réalisé par Masayasu Eguchi :

« Quartier de Watari, ville de Fukushima, préfecture de Fukushima.
Avec pour site emblèmatique, distant de 80 km de la centrale nucléaire de Fukushima, le parc Hanamiyama, connu pour être un coin de paradis sur terre. Début mars 2012, alors que le parfum des chimonanthes se répand tout alentour, les travaux de décontamination, pour éviter une dispersion du césium et abaisser le niveau de radioactivité du site, ont commencé véritablement.

Ce lieu célèbre pour ses cerisiers, qui accueille en moyenne 300 000 visiteurs tous les ans pendant le période d’avril et mai (Hanami), n’a attiré que 94 000 personnes l’an passé, du fait du Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku et de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Située dans une vallée, avec une pollution radioactive relativement forte, la zone est considérée comme un hot spot de radioactivité. Des travailleurs se chargent de ces travaux, sans le résultat escompté, sous les yeux des habitants du village inquiets. Que se cache-t-il derrière le chiffre de 1,96 micro-sievert ,qui y est relevé ? Après les retombées radioactives dues à l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki lors de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est à nouveau confronté au danger des radiations ionisantes. Le fait est qu’on ne sait toujours pas mesurer les effets de la radioactivité, invisible, sur l’organisme. Mais ces gens exposés doivent-ils devenir de nouveaux cobayes qu’observe le monde ?

Ce n’est pas l’affaire « des autres » : regardons la réalité en face et demandons-nous ce qu’il est de notre devoir de faire. En moins d’un siècle, tant de catastrophes d’origine humaine causées par le nucléaire …

Sommes-nous plus intelligents pour autant ? Sommes-nous devenus meilleurs ? Le printemps revisitera-t-il un jour le coin paradisiaque de Watari ? »

Extrait :


Le printemps de Hanamiyama par interbayfilms

Si vous souhaitez vous aussi soutenir la production de ce documentaire, rendez-vous sur le site Tous co-prod. A partir de 1 euro vous pouvez prendre part à la coproduction du film !