Le 27 février, l’e-bb a organisé une rencontre avec les candidats boulonnais aux élections régionales. Presque tous ont répondu à l’appel, et nous ont consacré trois heures de discussion passionnante. Ce fut l’ occasion de découvrir ces hommes et ces femmes qui ne font pas de la politique un métier, qui ont une génération et des références en partage, et qui n’hésitent pas à évoquer leurs points de concorde comme leurs divergences. Première étape de la rencontre : chaque rédacteur de l’e-bb présent propose le portrait de l’un des invités…

 

Alain Mathioudakis

« Boulonnais par amour » depuis 1993, Alain Mathioudakis a rejoint les Verts la même année. De formation juridique, il travaille à présent pour un élu et s’associe à toutes les actions menées par les Verts dans le département des Hauts de Seine, ce qui lui permet d’appréhender le champ politique sous tous les angles : dans l’opposition à Boulogne Billancourt, dans la majorité ailleurs.

Quand on lui demande quelles sont les origines de son engagement, il invoque un déclic psychologique : le souvenir de son père, enfant grec né à Marseille dans les années 30, et qu’on ne considérait pas comme les autres, pour une ligne sur un papier d’identité. Une discrimination insupportable, et c’est bien l’impérative nécessité pour lui de réagir au « côté insupportable des choses » qui semble être le moteur de son engagement quotidien.

De fil en aiguille, il égrène d’autres événements insupportables, qui l’ont poussé à l’action : la guerre de Balkans, et la réception de Slobodan Milošević par François Mitterrand en 1993 ; à un autre niveau, l’affaire de la Fondation Hamon sur l’Île Saint-Germain, contre laquelle il lutta au sein de l’association Val de Seine Vert, dont il est devenu président ; mais aussi les dispositions récentes de la loi LRU, qui vont selon lui creuser encore l’écart entre grandes écoles et universités ; ou encore le projet de Grand Paris, développé en marge du contrôle démocratique que constituent les élections.

Cet engagement, qu’il prend avec l’accord préalable de sa compagne, est pour lui celui d’un ‘citoyen responsable’, comme ceux évoqués dans le récent livre d’Eva Joly, qu’il cite en référence. En contrepoint de cet engagement sans concession, Alain Mathioudakis cultive un rapport au politique prudent. Il explique ainsi avoir longtemps milité à Paris, et avoir attendu 2004 pour s’exposer politiquement à Boulogne Billancourt, une fois sûr que ses enfants obtiendraient une place en crèche. Cette articulation du public et du privé, dans la vie d’un candidat et plus généralement d’une personne engagée en politique, a été l’une des grandes questions abordées lors de la rencontre. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Alain Mathioudakis est aussi un homme qui ne mâche pas ses mots, fustigeant aussi bien les élus de métier qui peinent à décrocher, y compris dans son parti, que la piètre condition des élus locaux d’opposition qui pour une indemnité dérisoire doivent concilier une activité très contraignante avec leurs vies personnelles et professionnelles. Il ne se prive pas, non plus, de dénoncer le déficit démocratique dans certains processus de décision, ou sur certains projets dans le département portés par « de prétendus hommes de culture » qui négligent l’intérêt général.

Pour les élections régionales, il est très clair : il soutient totalement le programme des Verts, insiste sur les responsabilités du Conseil Régional et juge inconcevable que la deuxième ville de la région, Boulogne Billancourt, ne soit pas représentée. Ce qui lui donne l’occasion de pointer une autre mesure insupportable : le choix du vote électronique, qui ne permet pas aux électeurs de connaître leurs candidats…

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Jean-Philippe S.