A une semaine du premier tour des élections régionales le 6 décembre, nous avons interviewé Olivier Fouqueray, candidat sur la liste de l’UPR.

Les raisons d’une candidature

e-bb : On connaît mal votre parti, pouvez-vous le présenter ?
Olivier Fouqueray :
L’Union Populaire Républicaine (l’UPR) a été fondée par François Asselineau le 25 Mars 2007, jour du 50ème anniversaire du Traité de Rome. C’est un parti de circonstance qui a pour but de rendre à la France son indépendance et aux Français leur démocratie.

Olivier Fouqueray

Le président de l’UPR, François Asselineau

L’UPR appelle les Français de toutes sensibilités politiques à se rassembler sur l’essentiel et à ne pas se laisser diviser par des sujets sociétaux. Le cœur de notre programme, c’est que nous proposons aux Français de sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. C’est à ce jour un parti de plus de 9 400 adhérents, plus d’adhérents que le parti de M. Mélenchon, et qui a encore un fort potentiel de développement. Aussi, nous nous développons essentiellement grâce à Internet : nous sommes le premier parti politique en nombre de consultations sur internet. Et l’UPR présente 1971 candidats dans les 13 régions, peu de partis peuvent réaliser cette performance.

e-bb : Pourquoi êtes-vous candidat aux régionales ?
Olivier Fouqueray :
Partons d’un constat simple : aujourd’hui, les Français n’ont plus le pouvoir de décider de leur avenir, la France n’est plus un état souverain. L’origine de ce constat dramatique trouve son origine dans ce processus de la « construction européenne » . L’ensemble des grandes décisions stratégiques sont prises à Bruxelles, il est donc urgent de réagir et j’ai personnellement choisi de réagir par l’action, c’est pourquoi je suis candidat en 21ème position sur la liste en Ile de France conduite par François Asselineau. Nous voulons aire connaître cet article 50 du Traité de l’Union européenne (TUE) qui permet de légalement et posément sortir de cette union.

Le programme de la liste de François Asselineau

e-bb : Quelles sont les trois priorités de votre liste ?
Olivier Fouqueray :
Pour nous, la construction européenne ne fonctionne pas et expliquer que l’on peut changer d’Europe est un leurre puisqu’il faut l’unanimité des 28 pays membres pour changer la moindre ligne de traité. Notre priorité est donc de sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.
Même si au niveau de la région, nous avons un programme dont les trois priorités peuvent être résumées ici : réorienter les aides vers les Très Petites Entreprises, maintenir les services publics en zone rurale, favoriser le referendum d’initiative populaire.

e-bb : La région Ile de France va englober la Métropole du Grand Paris, d’après vous comment articuler ces échelons ?

Métropole du Grand Paris

La Métropole du Grand Paris (en brun) regroupe Paris et la petite couronne. Sur cette carte de l’atelier international du Grand Paris, la région est figurée en rouge. Les points sont les stations du Grand Paris Express

Olivier Fouqueray : Qui veut cette réforme ? Ce qui me choque, c’est l’absence de consultation du peuple : a-t-on demandé leur avis aux Français ? Explique-t-on l’objectif de ces manœuvres ? Au-delà des éventuelles économies qui pourraient être réalisées, ce dont je doute, cette réforme est imposée au peuple de France.
Dans les faits, cette réforme vise à diviser, démanteler la République Française, en catimini. C’est un peu la même idée que la création des lander allemands après la Seconde guerre mondiale : c’était pour affaiblir le pouvoir des Allemands. Car l’idée qui se trame derrière c’est de rendre les régions autonomes, pour qu’elles traitent directement avec Bruxelles, et là, ce sera la mort des communes Françaises.

e-bb : Le verso de votre profession de foi est consacré à la sortie de l’Union européenne, Est-ce bien un sujet d’actualité aux régionales ?
Olivier Fouqueray :
Oui ! Et c’est l’occasion de préciser un point : l’Union européenne ne produit rien. Chaque année, la France donne environ 23 milliards d’Euros à l’UE qui lui en restitue 14 : les subventions européennes souvent allouées aux régions sont en fait de l’argent des Français. Sortir de l’UE, c’est récupérer quelque 9 milliards d’euros par an qui serviront à financer des autoroutes, des logements sociaux et maintenir des subventions aux collectivités.
L ‘impact des traités européens se fait sentir jusque dans nos plus petites communes. Il est donc urgent de réagir.

e-bb : Les maires d’Ile de France, et notamment des Hauts de Seine, ont massivement rejoint le collectif des Maires en colère, qui dénonce la baisse des dotations et la hausse de la péréquation (270 millions pour le FSRIF en 2015 notamment). Comment réagissez-vous à cette mobilisation ?
Olivier Fouqueray :
L’UPR comprend que les maires se mettent en colère. Mais ils devraient surtout se mettre au travail. Ainsi, ils sauraient vers qui diriger leur colère : les baisses de dotations de l’État, la hausse des péréquations qui en résulte et les lois dites de modernisation comme la loi MAPTAM qui sont dues à l’article 121 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui fixe les Grandes Orientations de Politiques Économiques (GOPE) des États, surveille et les met en demeure d’obéir.

e-bb : L’Ile de France est aussi une région agricole ; que prévoyez-vous pour ce territoire grignoté par l’urbanisation ?

L'Ile de France a une représentation permanente à Bruxelles. Elle est notamment membre Assemblée des Régions Européennes Fruitières, Légumières et Horticoles

L’Ile de France a une représentation permanente à Bruxelles. Elle est notamment membre Assemblée des Régions Européennes Fruitières, Légumières et Horticoles

Olivier Fouqueray : Là encore, il faut connaître nos dossiers. La Politique Agricole Commune (PAC) est définie par les articles 32 et 39 du TFUE. La PAC a pour objectif d’accroître la productivité en diminuant les contraintes et éventuellement les salaires. Par conséquent, les agriculteurs se doivent d’utiliser engrais et pesticides chimiques et d’avoir recours aux OGM afin d’être toujours plus rentables. Nous voyons donc que l’objectif n’est pas le maintien de nos zones rurales et de nos terroirs puisque notre agriculture est mise en concurrence directe avec les agricultures du monde entier. La PAC est devenue petit à petit un instrument au bénéfice de grands groupes financiers, ce qui met à mal les petites exploitations. Rappelons qu’il y a plus d’un agriculteur par jour qui se suicide en France.

e-bb : Quel est votre slogan de campagne ?
Olivier Fouqueray : « L’union du peuple pour rétablir la démocratie et sauver la République »

Pourquoi aller voter ?

e-bb : Pourquoi aller voter les 6 et 13 décembre ?
Olivier Fouqueray : Oui, je vais voter les 6 et 13 décembre pour dire NON aux grandes régions et au démantèlement de la France. Pour que le débat soit posé ouvertement. Pour que l’on tienne compte de l’avis des Français et ainsi sauver la République.

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