Tous les parents dont un enfant va à l’école sont de fait parents d’élèves. Mais il est possible de passer de la simple définition à l’action, en s’impliquant dans une association de parents. Présentation.

A quoi servent les parents d’élèves ?

La flashmob' des parents d'élèves de Robert Doisneau en juin 2011

Le Ministère de l’éducation nationale est tellement conscient de l’importance des parents dans la réussite personnelle des élèves qu’il en a fait une directive : « Les parents doivent être encouragés, par tous moyens, à participer à la vie de l’établissement scolaire et à assurer pleinement leur rôle dans la communauté éducative. » Dans les faits, les parents d’élèves du public sont incités par le Code de l’Éducation (articles D-111-1 à D-111-15) à prendre part à tout ce qui regarde la vie scolaire, enseignement mis à part. Selon le degré dans lequel ils évoluent, ils siègent dans les commissions d’appel, de sélection (CHAM, SEGPA, CHAD, CHAT, sport-études…), de carte scolaire ou encore de cantine ; ils représentent les autres parents lors des conseils de classe, d’école et d’administration, et ont la possibilité d’interpeller l’inspection d’académie comme les chefs d’établissement. C’est ainsi en large part grâce à la mobilisation des parents à l’initiative de la PEEP et de Mélanie Ghez que de nouvelles classes ont été ouvertes à l’école Robert Doisneau l’an dernier.
De manière plus informelle, on compte également sur les parents pour tenir les bibliothèques scolaires et encadrer les sorties.

A Boulogne-Billancourt, la Ville a fait le choix d’associer, en plus, les parents  à d’autres instances de concertation, qui excèdent la vie de l’établissement : on trouve des représentants de parents d’élèves à la Conférence de la famille, au CESEL, dans les conseils de quartier, certains ont participé aux journées préliminaires à la révision du PLU, d’autres à la commission de sécurité routière. Une à deux fois par an, le maire réunit toutes les fédérations de parents pour un échange général. Autant d’occasions d’appréhender globalement l’activité de la ville, en s’appuyant sur l’expérience concrète de l’école.

Le SUBB est emprunté par de nombreux collégiens

L’action du parent peut aussi prendre un tour plus ponctuel. Fatiha Amrouche (FCPE) nous donne l’exemple de la révision des tarifs de cantine : « Je ne connaissais pas particulièrement le sujet, explique-t-elle, mais comme beaucoup de parents se plaignaient, je me suis documentée et ai établi une comparaison avec les tarifs pratiqués dans les villes proches. Ce premier travail a permis de mettre en évidence les problèmes tarifaires à Boulogne-Billancourt. » Fatiha a transmis son étude à une élue, qui en a fait une question orale au conseil municipal de juin 2011. L’adjointe en charge des Finances a alors reconnu la nécessité de refondre les tarifs, et a confié le travail au CESEL. Les conclusions de ce conseil devraient servir de base à une prochaine révision des tarifs.
Élisabeth Cossec (CPEI) s’est trouvée, elle, confrontée au problème des horaires du SUBB, qui achemine de nombreux collégiens. Après un examen minutieux du parcours et de la durée d’une boucle, Élisabeth est parvenue à la conclusion qu’un départ anticipé de 7 minutes au dépôt pouvait changer la donne sur toute la boucle. Il lui a ensuite fallu se faire reconnaître comme interlocutrice par la RATP, après être passée par la mairie, et le résultat est là ; les horaires du SUBB ont été modifié, pour la plus grande tranquillité des collégiens.

Parents d’élèves, retours d’expérience

Boulogne-Billancourt compte cinq associations de parents d’élèves du public : la PEEP, la FCPE, l’UNAAP, la CPEI et l’E-MP. Toutes ont accepté de nous faire part de leur expérience.
Si les parents s’impliquent à l’école, adhérer à une association de parents est aussi l’occasion, pour chacun, de se constituer un réseau précieux dans bien des situations. Mélanie Ghez (PEEP), comme Élisabeth Cossec (CPEI)
insistent sur ce que les parents s’apportent les uns aux autres : soutenir un parent en difficulté, rassurer les anxieux, échanger sur les possibilités d’orientation, découvrir le champ des options… sont une dimension importante de leur activité.

Des parents d'élèves associés aux centres de loisirs ? - CR architecture-design-muuuz-web-magazine

Toutes les associations insistent également sur la nécessité de s’impliquer durant toute la scolarité. Si les parents sont bien présents dans les petites classes, où la relation est plus directe et plus concrète, leur représentation s’amenuise dans le secondaire, alors que, comme le souligne Anne Molard (UNAAPE), leur rôle y prend de l’ampleur : « A partir du collège, les parents sont consultés par le biais du Conseil d’Administration. Ils participent beaucoup plus qu’en primaire aux grandes orientations de l’établissement (projet d’établissement, budget et compte financier, décisions qui relèvent de l’autonomie de l’établissement en matière pédagogique et éducative,…). » Compte-tenu du poids de l’orientation, c’est également dans le secondaire que les parents d’élèves siègent au conseil de classe. « Certains parents ont parfois tendance à laisser trop vite s’installer un fossé entre la sphère “scolaire” et la sphère familiale, comme s’il s’agissait de deux mondes distincts qui évoluaient en parallèle. A partir du secondaire, la grille et les murs de l’établissement prennent toute leur valeur symbolique. La distance et les barrières sont bien présentes. Les relations parents/enseignants sont beaucoup plus formelles et se raréfient Pourtant l’enfant qui entre en 6° ou en 2° est toujours en construction. Certes, il grandit mais a toujours besoin de l’écoute et du soutien bienveillant de l’adulte référent ; de repères qui le rassurent et lui permettent d’avancer sereinement afin de développer son désir d’apprendre » insiste Dominique de Goutel (E-MP).
Si le rôle des parents d’élèves évolue selon les degrés, il demeure donc important à tous les niveaux. Les parents impliqués regrettent de n’être pas plus nombreux, « cela prend beaucoup moins de temps que beaucoup le pensent, chacun pouvant s’impliquer à sa manière et avec ses disponibilités » assure Anne Molard. Mais on peut aussi imaginer d’élargir encore la sphère d’action. Pedro Alexandre-Ferreira (FCPE), qui s’occupe également des parents d’élèves du conservatoire,  souhaite ainsi que les parents soient également associés aux structures para-scolaires : « Depuis quelques années la ville met en place des commissions représentant les parents d’élèves des centres de loisirs communaux, ces institutions sont un lieu de dialogue entre les parents et les équipes municipales d’animation et doivent être généralisées à toute la ville. Des projets locaux d’initiative des parents comme, par exemple les pédibus, peuvent contribuer à renforcer la qualité de vie des enfants, des familles et à rendre la ville plus humaine. »

Les 12 et 13 octobre 2012, allez voter !

Les élections de parents auront lieu les 12 et 13 octobre

La première étape passe par l’élection des représentants de parents dans tous les établissements de la ville. Toutes les associations déplorent la participation décroissante des parents à ce scrutin, au fur et à mesure que les enfants avancent en âge : « L’an dernier, la participation à Boulogne-Billancourt était en primaire de 48 % en maternelle et 42 % en élémentaire et dans le secondaire  : 28 % au collège et 9 % au lycée ! » rappelle Dominique de Goutel. Pour inverser la tendance, Mélanie Ghez suggère l’organisation d’une véritable campagne d’incitation au vote.
Le vote est rapide et convivial. Pour les parents pressés, il n’engage à rien de plus au cours de l’année, mais une forte participation assure aux associations une meilleure représentativité, gage d’une plus grande efficacité. « C’est aussi dans leur mission de parents que de s’intéresser à ce que font leurs enfants à l’école » estime Anne Molard.

Pour bien faire votre choix, chaque président de fédération se présente dans l’e-bb, c’est ici !