Dans quelques semaines le musée Paul Belmondo, labellisé Musée de France ouvrira ses portes au Château Buchillot, situé rue de l’Abreuvoir, non loin du parc Edmond-de-Rothschild à Boulogne. Les visiteurs découvriront la totalité de l’importante donation consentie par les héritiers : 878 dessins et carnets de croquis, 444 médailles, et 259 sculptures.
Mais avant cette date une campagne de restauration des plâtres et le coulage de nouvelles pièces en fonte s’imposaient ; l’e-bb s’est rendu sur les différents chantiers et a rencontré les artisans en charge de ces travaux.

La restauration des plâtres

Restauration des plâtres au Musée des Années 30 Photo Anne

L’action se passe dans une partie de l’entrée du Musée des Années Trente, fermée au public. L’atmosphère est irréelle et imposante, murs blancs, lumière blanche d’hiver tombant de très  hautes fenêtres, blanches statues de plâtre voilées comme autant de mariées fantômes, veillant sur quelques grands blessés au chevet desquels se concentrent silencieusement les équipes de restauration.

A l’origine des problèmes posés par l’état des plâtres anciens, il y a souvent le peu d’intérêt porté à ceux-ci.

Destinés à la casse, détruits parfois volontairement par l’artiste après une fonte, ou très souvent stockés dans des endroits poussiéreux et humides, les variations de températures provoquent encrassement, éclatement, perte de cohésion et perte de matière.

Apollon au repos en cours de restauration Photo A.Carbonnet

Les plâtres de Paul Belmondo, longtemps stockés dans son atelier parisien, n’ont pas échappé à cette loi.

Dans le cas de notre Apollon au Repos,  » certains éléments, bras, jambes ou autres, posant trop de difficultés pour le moulage, ont été sciés pour la prise d’empreinte et nécessitent maintenant d’être remontés de façon discrète pour leur présentation, dit Patrick Jallet. Pour ce faire, des assemblages mécaniques réversibles tels que fourreaux et goujon libre sont mis en place et bloqués par des points d’adhésifs, réversibles également. Enfin les joints d’assemblage filmés d’un adhésif (réversible) sont comblés avec un mortier de plâtre affaibli, mis à niveau et réintégrés en couleur. La restauration d’une œuvre se doit d’être toujours réversible et de respecter  les rajouts de matière faits par l’artiste, et considérés maintenant comme faisant partie de l’histoire de l’œuvre, donc de son intégrité  ! »

Une cinquantaine de plâtres sont passés par  les mains expertes des équipes de restauration, certaines de ces pièces, patinées et très encrassées nécessitent un nettoyage prudent telle cette Femme à la Colombe, entre les mains de Pascale Klein :

Pour la plupart d’entre eux, ces plâtres seront exposés en tant que tels dans le Musée  Belmondo. Pour l’instant il n’est prévu que deux fontes :  La Jeune Fille en marche, qui accueillera les visiteurs à l’entrée du musée et deviendra son emblème, et le Buste de Madeleine, femme de l’artiste,  qui ornera la cour d’honneur.

Le buste de Madeleine Photo Agnès

Le buste de Madeleine Photo Agnès

De cette dernière pièce  émane  une douceur paisible et une saisissante présence. Le Buste de Madeleine attend sereinement  son départ pour la fonderie où nous le rejoindrons pour un prochain reportage.

Les équipes de restauration

Béatrice Dubarry, Anne Liégey et Patrick Jallet

Anne Courcelle, Fabien Da Lavre,Christine Devos,Pascale Klein et Véronique Picur coordinatrice.

Devenir mécène du Musée Paul Belmondo :

Il est possible de soutenir l’action du Musée Paul Belmondo et de s’associer à cette démarche artistique en devenant mécène. Cette action est ouverte aux entreprises et aux particuliers. Les dons sont éligibles au dispositif de réduction d’impôt pour les actions de mécénat.
Pour en savoir plus
Mission mécénat de la ville de Boulogne-Billancourt  01 55 18 56 34.