A partir du 12 octobre, les spectateurs de la grande scène de la Seine musicale pourront admirer un rideau monumental de 28m de large. Commandé par Jean-Luc Choplin, président du comité de programmation de STS Evénements, à l’artiste Nicolas Buffe, ce rideau de scène s’inspire du mythe fondateur d’Orphée.

Orphée est le fils de la muse Calliope, le neveu de toutes les muses, présentes sur le rideau. Il savait procurer de grandes émotions avec la lyre traditionnelle à sept cordes que lui avait donnée Apollon à laquelle il rajouta même deux cordes. Il pouvait émouvoir aussi bien les êtres, le monde inanimé que tous les animaux sauvages et même les pierres. Il descendit aux enfers rechercher sa femme Eurydice après avoir charmé Cerbère et Hadès.
Une fois de plus Nicolas Buffe présente une relecture d’un mythe avec de nombreux symboles et références à la mythologie grecque, mais également des influences baroques dans un style pop japonais qui lui est cher.
Il a choisi de représenter Orphée comme une star de rock (l’inspiration de Nicolas Buffe vient de Taka, leader du groupe japonais post-rock instrumental MONO) avec ses 9 muses, ainsi qu‘avec divers animaux et sirènes triomphant autour de lui. Il y chanterait un poème, plus fort et plus puissant que le propre chant des sirènes, elles-mêmes en admiration comme des groupies devant lui. Chaque muse est munie de son instrument et de divers symboles (en clin d’œil au passé de l’île Seguin, la muse Clio tient un volant dans sa main gauche  !). Les planètes qui les entourent, comme en rotation autour d’Orphée, font référence à l’écho de la musique dans le cosmos. Enfin d’autres animaux sont également représentés symboliquement et font écho aussi bien à la mort d’Eurydice (Cerbère) qu’à des événements plus contemporains. Dans l’harmonie des sphères, chaque planète est associée à un type de son ou de musique et à une muse. On peut donc apercevoir dans le dessin le symbole de chaque planète à côté de chaque muse.
Ce rideau de scène est l’écho parfait de l’architecture du bâtiment réalisée par Shigeru Ban et inscrit la Seine Musicale dans sa volonté d’ouverture à tous les publics, à toutes les cultures, chacun pouvant y donner sa propre lecture. 
 
Pour Jean-Luc Choplin, président du comité de programmation de STS Evénements, « Il y a une grande tradition de rideaux de théâtre peints par des artistes. Beaucoup d’institutions théâtrales commandent une œuvre à des artistes. Le nouvel Opéra Bastille a commandé son rideau à Cy Twombly. La Comédie-Française a commandé son rideau à Olivier Debré. Chaque année l’opéra de Vienne en Autriche commande à un artiste un nouveau rideau, récemment à David Hockney. Souvent aussi les spectacles choisissent de commencer par un rideau peint. Un des plus fameux est le rideau de Parade de Picasso, créé il y a exactement 100 ans en 1917, qui est aujourd’hui dans les collections du Centre Pompidou. 
La nouvelle Seine Musicale, et particulièrement sa grande salle, devait se situer dans cette tradition qui donne une âme à un lieu. Cité musicale pour tous, lieu à la fois sophistiqué et populaire, il fallait trouver un artiste qui associe à la fois classicisme, modernité, un entrelacs entre nos grands mythes culturels et la culture populaire d’aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai choisi de commander une œuvre symbolique de notre volonté, de notre ambition artistique, à Nicolas Buffe. 
Je suis heureux de pouvoir aujourd’hui présenter cette œuvre monumentale et curieux des réactions que celle-ci ne manquera pas de susciter chez nos spectateurs les plus divers soient-ils
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