Les listes des candidats en lice pour les sénatoriales 2017 sont publiées depuis hier. Dans les Hauts de Seine, elles sont 11, soit 3 de plus qu’en 2011. C’est à droite que les rangs se sont fragmentés, avec 5 listes issues du parti Les Républicains.

Les ficelles d’un scrutin à la proportionnelle

Quel seuil pour être élu ?

7 postes de sénateurs sont à pourvoir dans les Hauts de Seine, et ils vont être âprement disputés. Les subtilités d’un scrutin à la proportionnelle pondéré à la plus forte moyenne, alliées aux dissensions au sein du principal parti de la droite, motivent en large part la multiplication des listes.
En 2011, avec 2061 suffrages exprimés, il fallait au moins 200 voix pour avoir un siège. Cette année, le nombre de grands électeurs s’élève à 2343, ce qui laisse penser que la barre sera, elle aussi, relevée.

L’impact d’En Marche sur les sénatoriales 2017 en question

André Gattolin

Les élections de 2014 (régionale et municipales) assuraient une large avance à la droite en nombre de voix. Mais les bouleversements occasionnés par la présidentielle remettent en partie les choses en jeu.

En effet, la percée d’En Marche ! aux législatives (10 circonscriptions sur 13 gagnées avec le Modem) a eu un impact dans les collectivités locales même. On le lit dans le parcours des colistiers d’André Gattolin (sénateur sortant, ex-EELV désormais En Marche), élus locaux issus de la droite, de la gauche ou du centre désormais tous sous la même bannière. Une bannière qui joue moins de l’investiture du parti présidentiel que d’un projet : « Les Hauts de Seine au cœur de l’Europe et de l’innovation. »

sénatoriales 2017

Les têtes de liste aux sénatoriales 2017

6 listes de la droite et du centre

La droite et le centre comptent actuellement 4 sénateurs dans le département. La délicate équation consiste à les conserver : vaut-il mieux alors présenter une liste unique ou bien jouer sur la forte personnalité d’une tête de liste, voire sur un contingent soudé de grands électeurs ? 

sénatoriales 2017

Roger Karoutchi

C’est cette seconde option qui a été retenue, bon gré mal gré, pour les sénatoriales 2017. Ainsi, la liste officielle Les Républicains ne peut faire autrement que de regrouper les sortants, Roger Karoutchi, Isabelle Debré et Jacques Gautier (lequel avait été élu en menant sa propre liste en 2011). Mais d’autres candidats jouent ouvertement les supplétifs.

Si l’on peut écarter la liste « Les Républicains libres et pragmatiques, » menée par Bernard Lepidi et constituée à 100 % de Neuilléens issus de la liste municipale J’aime Neuilly, qui se présente un peu comme un club de fidèles à Nicolas Sarkozy, trois autres propositions sont à l’évidence un peu stratégiques.

Pour de « jeunes » sénateurs

sénatoriales 2017

Ingrid Desmedt

La liste « Génération 2014, » conduite par la Levalloisienne Ingrid Desmedt, fait ouvertement référence aux précédentes sénatoriales. En 2014, 7 candidats républicains de moins de 50 ans avaient été élus. Quand on sait que l’âge limite requis pour être candidat est de 24 ans et que l’âge moyen des sénateurs est de 64 ans, ces 7 élus avaient beau jeu de jouer les jouvenceaux. La liste d’Ingrid Desmedt, qui affiche sa loyauté au parti et sa proximité avec certaines de ses principales figures, avance donc un seul argument – le renouvellement.

Républicains et territoires

Les deux autres, chacune à leur manière, touchent la corde sensible des grands électeurs, émanation directe des collectivités locales. Il s’agit bien sûr des réformes attendues au plan du financement des communes : baisse continue de la DGF et suppression de la taxe d’habitation. Un sujet d’inquiétude pour les élus du département, devant qui les candidats de « Pour les communes et les libertés locales » et « Pour un Sénat renouvelé et ambitieux pour nos collectivités » se posent en défenseurs.

christine lavarde

La première s’est dessinée dès le début de l’été et la Conférence des territoires. Mais ses racines sont plus lointaines, au début du mandat de François Hollande et des manifestations d’édiles au cri de « J’aime ma commune. » Menée par Philippe Pemezec, maire du Plessis-Robinson, elle compte en deuxième position Christine Lavarde, l’adjointe aux finances de Boulogne-Billancourt. Et ceci est très important : Mme Lavarde est en effet la seule Boulonnaise en lice pour ces élections. Proche du maire, elle est un signal fort adressé au plus gros contingent d’électeurs du département : Boulogne, qui pèse 170 voix.
La seconde, menée par le maire de Saint Cloud Eric Berdoatti, joue la cohésion territoriale en privilégiant des candidats issus du territoire T4 de la Métropole du Grand Paris. De nouveau, c’est une somme de voix en jeu.

Une liste UDI

Hervé Marseille, vice-président de GPSO

Hervé Marseille, sénateur-maire de Meudon

Le sénateur sortant Hervé Marseille, membre de l’UDI, prend à nouveau la tête d’une liste intitulée « Avec vous, pour nos communes. » On peut s’étonner de l’absence, sur cette liste encore plus que sur les cinq listes de droite, de représentant d’Issy-les-Moulineaux, alors qu’André Santini est l’un des fondateurs de l’UDI et que sa ville fournit nombre de grands électeurs. De plus, on se souvient qu’Hervé Marseille n’avait pas ménagé ses efforts lors des projets de fusion de GPSO puis de Boulogne et Issy voulus par André Santini, déposant au moment opportun des amendements censés faciliter les opérations.
Quoi qu’il en soit, c’est également un projet de défense face aux réformes fiscales et territoriales envisagées, sa spécialité de longue date, qui anime le maire de Meudon. 

Pas d’union de la gauche

sénatoriales 2017

Pierre Ouzoulias

En 2011, la gauche avait présenté une liste unique et remporté, à la surprise générale, 3 sièges.
Pour les sénatoriales 2017, le socle de voix s’érodant et les plaies de la présidentielle n’étant pas pansées, il faudra compter avec trois listes.

Le parti socialiste ne reconduit pas Philippe Kaltenbach et confie à la tête de liste « Un nouveau souffle pour les Hauts de Seine » à Xavier Iacovelli.
Le front de gauche renouvelle également la donne : la sénatrice sortante Brigitte Gonthier-Maurin occupe une place de soutien (6ème position) dans une liste conduite par Pierre Ouzoulias, de Bagneux. Là encore, la défense des territoires apparaît au cœur du discours. Si le thème n’est donc pas l’apanage de la droite, il est décliné différemment. C’est la défense des services publics locaux tls que les établissements de santé ou d’aide sociale qui est mise en avant.
Enfin, EELV s’aligne derrière l’élue de Sèvres Catherine Candelier.

Quel score pour le FN ?

sénatoriales 2017

Laurent Salles

En 2011, la liste FN avait récolté 6 voix. Mais le parti a gagné des élus locaux depuis, aussi bien au niveau municipal (7 dans le département) que régional (2). Un compte insuffisant pour porter la tête de liste, Laurent Salles, au Sénat, mais qui pose une base de référence : le parti frontiste saura-t-il séduire d’autres grands électeurs ?

Rendez-vous le 24 septembre en fin de journée pour connaître les résultats !