Mardi, le skipper boulonnais Stéphane Le Diraison a échangé durant 1h30 avec 450 jeunes élèves de Dupanloup sur sa participation au Vendée Globe. Une bien belle rencontre.

A l’invitation de l’APEL, l’association des parents d’élèves, et avec le concours actif de Monsieur Grimaud, directeur de Dupanloup, de Madame Azria, directrice des études, et des équipes pédagogiques de CM1, CM2 et 6ème, le skipper boulonnais Stéphane Le Diraison est venu parler de l’aventure du Vendée Globe aux élèves de l’école mardi après-midi. Une école qu’il connaît bien, puisque ses enfants la fréquentent.

Stéphane Le Diraison en route pour le Vendée Globe

Stéphane Le Diraison

Marée de mains et de tabliers bleus !

C’est devant un océan de petits tabliers bleus que Stéphane Le Diraison a présenté la course du Vendée Globe, à laquelle il participera pour la première fois cette année. 450 élèves, du CM1 à la 6ème, sont restés suspendus à ses lèvres durant toute la durée de son exposé.
Des types de bateaux à l’itinéraire de la course, en passant par les difficultés d’un tour du monde « sans escale et sans assistance, » le marin a captivé le jeune auditoire. Peu de réactions lorsqu’il évoque des vagues de 15 mètres, mais des chuchotements ô combien impressionnés quand il rapporte les vagues de 4 mètres à la hauteur sous plafond du gymnase qui les accueille !
Stéphane Le Diraison trouvera d’autres équivalences parlantes pour les élèves, tout en s’appuyant sur des photos et vidéos de son bateau et de la course. Au passage, il les initie au vocabulaire du bateau, à l’histoire de la voile, aux vertus de la sieste, leur fait réviser leur géographie, et leur transmet de solides valeurs.

Derrière la course et l’aventure, les valeurs de la mer

Car c’était aussi l’objet de la rencontre, que de sensibiliser ce jeune public aux valeurs du sport et de la mer.

Stéphane Le Diraison

Partager les valeurs du sport et de la mer

En termes simples, le skipper explique pourquoi il tenait tant à participer à cette course qu’il prépare depuis des années : tout d’abord, faire l’expérience de sa condition humaine, seul dans l’immensité de la mer. Un petit côté Saint-Ex pour ce rapport au monde humble et respectueux, qu’il enrichit d’une expérience sensible : naviguer 90 jours en solitaire, c’est l’occasion de renouer avec un rapport direct aux choses, et de réveiller ses cinq sens engourdis par les substituts de la vie moderne. Participer à cette course, insiste-t-il, c’est aussi éprouver la solidarité humaine : « Si l’un de nous a un problème en mer, les autres s’arrêteront pour lui porter secours. » Et puis, ajoute-t-il, cette équipée solitaire prendra tout son sens quand il aura pu la partager avec d’autres, ce qu’il amorce devant eux.

Stéphane Le Diraison insiste sur la persévérance et la volonté nécessaires pour poursuivre ses rêves, sur les années d’effort, sur la rigueur et le travail sur soi qu’il faut consentir pour arriver à ses fins.
Comme tous les marins, il a perçu aussi ce que la mer nous dit de la Terre, et il le partage avec les élèves : le fait que le parcours ait été modifié, en raison du réchauffement climatique qui rend trop dangereux les abords immédiats de l’Antarctique. La migration des icebergs, qui remontent désormais jusqu’à Terre-Neuve – « C’est la latitude de Lisbonne, vous vous rendez compte ? » Et oui, les élèves se rendent bien compte.

Stéphane Le Diraison

Le Vendée Globe, un projet pédagogique !

Avalanche de questions

Après l’exposé, place aux questions des élèves. Spontanées ou préparées, oniriques ou pratiques, elles révèlent l’intérêt et la part de rêve que la rencontre avec cet aventurier a suscités chez les enfants.

Stéphane Le Diraison

« Avez-vous le mal de mer ? »

Florilège : « Est-ce que vous pourrez manger des gâteaux parfois ? Au moins pour Noël.. ? » Noël, vive préoccupation des élèves : « Mais comment ferez-vous pour recevoir vos cadeaux ? ! » Nullement déstabilisé, Stéphane Le Diraison répond : « Mon cadeau, ce sera de terminer la course. Parce que le Père Noël ne passe pas en mer… »
La performance interroge : « Pouvez-vous terminer la course en moins de 90 jours ?« , « Avez-vous choisi votre bateau ? » ; « A quelle vitesse naviguerez-vous ? » ; « Quel cap redoutez-vous le plus ? » ; « Y a-t-il du dopage ? »
Plus scientifiques : « Croiserez-vous des mammifères marins ? Comment réagirez-vous si vous trouvez des requins ? » ; « Allez-vous aussi traverser des mers chaudes ? » ; « Avez-vous trouvé des déchets en mer ou des marques de pollution ? »
Très pratiques : « Pourriez-vous manquer de nourriture ? » ; « Comment vous lavez-vous ? » ; « Comment ferez-vous la cuisine ? » ; « Risquez-vous de dessaler ? » ; « Pouvez-vous mourir ? » ; « Qu’est-ce qu’on gagne ? »
Tous auraient aimé poser une question, mais le temps passe… Le marin a répondu à tout, en se montrant le plus pédagogue possible.
Et les messages sont bien passés : « C’était intéressant et extraordinaire de l’écouter » témoigne Amaury. « Je retiens qu’il faut tenir à ses rêves » renchérit Raphaël, en CM2.

Des applications concrètes en classe

Le Diraison

Pascal Louap conclut la séance, entouré par le skipper et la direction de l’école

Tout ceci nourrira de futurs travaux. La participation de ce parent d’élève pas comme les autres à la Route du Rhum l’an dernier avait déjà donné l’occasion aux élèves de CM1 de suivre l’aventure : reconstitution d’un bateau en classe, dessins… Toscane, Hortense, Céleste, Quitterie et Prisca, en CM1 l’an dernier, s’en souviennent, et comptent bien continuer à soutenir leur héros : « C’est trop bien, il nous a mis des rêves plein la tête ! » s’enthousiasment-elles.
Monsieur Grimaud, le directeur de Dupanloup, développe : grâce au numérique et aux TNI installés dans chaque salle, les élèves des trois niveaux suivront la course et l’évolution de leur champion sur son site. Le Vendée Globe servira aussi de support à des EPI en 5ème, ces projets interdisciplinaires prévus par la réforme du collège : « A partir de la course, on peut aborder beaucoup de sujets : la météo, le climat, l’environnement, les cycles lunaires… » énumère le directeur.

Boulogne-Billancourt soutient Stéphane Le Diraison

Stéphane Le Diraison

Les élèves de CM1 rangent le gymnase

Avant que les élèves de CM1 ne rangent le gymnase, Pascal Louap, maire-adjoint aux Affaires scolaires, a eu un mot de conclusion : « A travers toi Stéphane, on vit un rêve individuel et collectif. Tu ne seras pas seul sur ton bateau, il y a déjà 450 enfants qui vont t’accompagner et penser à toi ! »
Stéphane Le Diraison a l’habitude de prendre part à des événements locaux, comme Voiles en Seine. C’était la première intervention du skipper en milieu scolaire, mais comme il l’a annoncé, il reviendra auprès des élèves avant son départ et à son retour. Soutenu depuis 2011 par la ville de Boulogne-Billancourt, il pourrait, en concertation avec la municipalité, prendre part à d’autres actions en direction des publics boulonnais.