« Toucher du doigt l’éphémère, le rendre universel. Une impression de réalité », écrit la photographe Sabrina Biancuzi, en présentant l’exposition qui lui est consacrée à « Voz Galerie »
Une promenade parmi ses œuvres suscite la nostalgie de ces albums de photos de familles enfouis dans de vieilles malles. Photos de formats divers, certaines aux bords crantés, au cadrage parfois approximatif, souvent floutées, mais tellement évocatrices de lieux, connus ou rêvés, d’époques oubliées ou occultées, d’impressions fugitives, de paysages qu’on aurait pu traverser et de personnes, juste ébauchées, qu’on aurait pu connaître. « Emprisonnés dans leur vitrine, Objets du souvenir, Pièces à conviction ».
Loin de l’impression de spontanéité affective que certaines photos pourraient donner, Sabrina Biancuzzi travaille énormément ses pellicules argentiques. « Je surexpose- surimprime, réinsole, je vais à l’encontre de toutes les règles ». Elle utilise ainsi divers procédés argentiques, certains fort anciens comme les tirages barytés, d’autres plus récents comme des Polaroïds couleurs, fortement agrandis.
Son travail s’articule autour de thèmes qu’elle peut suivre pendant des mois, voire des années. On se souvient de son exposition « Bestiaire », à VOZ ’Galerie en 2011.
L’exposition actuelle regroupe 6 thèmes.

She de 2010, Instant P, 2005/ 2008, Entre Deux 2009/2011, Le Crissement du temps 2010, Captures de rêves 2008, Derniers songes 2005.
Tous ne vous parleront pas de la même façon et seront plus ou moins évocateurs de vos propres émotions ou souvenirs. N’oubliez pas de descendre au sous sol, j’allais dire dans la crypte, pour vous plonger dans cette étrange atmosphère automnale du « Crissement du temps », dans lequel « Le temps parait imperceptiblement faire son office. Sournoisement et inexorablement en marche » écrit Olivier Bourgoin.

Surface sensible » : une exposition de photos de Sabrina Biancuzzi
VOZ’ Galerie .Du 27 janvier au 24 mars 2012

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Gilbert Veyret

Gilbert Veyret

Il pensait ne rester que peu de temps à Boulogne-Billancourt. Cela fait plus de 40 ans que ça dure. 5 de ses petits enfants y vivent. Il commence donc vraiment à se sentir Boulonnais et à en connaître les contours ! Mais il aime aussi en sortir (Bordeaux, en arrière plan)