Le guide de Boulogne Billancourt vient de paraître aux Editions du Patrimoine. En quelque 150 pages, tout ce qui a valu à notre ville le label Ville d’art et d’histoire du Ministère de la Culture est décliné et remarquablement illustré.

C’est un petit ouvrage d’argent glacé qui attire l’oeil sur le comptoir de ma librairie favorite, sitôt aperçu, sitôt empoché !

Le guide de Boulogne Billancourt, paru en septembre 2009 aux Editions du Patrimoine

Le guide de Boulogne Billancourt, paru en septembre 2009 aux Editions du Patrimoine

Opportunément paru pour les Journées du patrimoine, après une section consacrée à l’histoire de la ville, depuis la fondation du village des Menuls au XIIIème siècle jusqu’à l’aménagement en cours des terrains Renault, le guide propose un parcours de Boulogne Billancourt en six itinéraires.

On croit connaître sa ville et on la redécouvre, page après page et rue après rue. Les édifices et les histoires se superposent, sous les plumes brillantes des conservateurs du patrimoine boulonnais. Grâce à eux aussi, des noms incongrus retrouvent du sens (on pense à la rue du Hameau Fleuri ou au Parc des Princes), et de grandes figures reprennent vie.

Notamment André Morizet, maire de Boulogne Billancourt de 1919 à 1942 envers et contre tout – on apprend qu’après avoir été exclu de la fonction publique par Clémenceau en 1907 en raison de ses prises de position politiques, il fut révoqué de son mandat de maire en 1922 pour s’être opposé aux célébrations du 14 juillet… puis réélu constamment pendant vingt ans ! – , maire d’un nouveau genre, d’un nouveau nom (notre ville est officiellement devenue Boulogne Billancourt en 1925), d’un nouveau centre-ville (avec la construction de l’Hôtel de Ville par Tony Garnier), et d’une nouvelle vie, rythmée par les aménagements sanitaires, les grands travaux, les équipements publics et l’arrivée du métropolitain.

On s’attarde aussi sur la destinée du philanthrope Albert Kahn, initiateur des Archives de la Planète et de la fondation Autour du Monde, pour la connaissance mutuelle des peuples et des cultures. L’ouvrage reproduit quelques uns de ses autochromes, donnant l’envie de se précipiter au Musée-jardin pour admirer les autres.

L’iconographie de ce guide est particulièrement riche ; on peut rêver en survolant les typographies successives, de la ferme de « Bilancourt », isolée au bord de la Seine, jusqu’aux vastes perspectives urbaines que nous connaissons bien. On peut aussi s’amuser des petites annonces immobilières du XVIIIème siècle, dont le format n’a pas tellement changé, ou bien saluer la beauté de la rencontre fortuite d’une commode Ruhlmann – « placage d’ébène et marquetterie d’ivoire et d’amarante » – et d’une cocotte-minute en aluminium sur une page consacrée au Musée des années 30…

En bref, un ouvrage clair et passionnant, compagnon idéal des promenades à travers la ville !