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Cette semaine, Cédric Charbonnel, d’Un caillou dans mon soulier partage avec nous sa déclaration d’amour à la ville. Il y a peu de temps encore, c’était le blog boulonnais d’un papa pro, un peu écrivain, un peu photographe, subjugué par un chat (qui a désormais son propre compte Twitter).
Loin des yeux désormais, Un caillou dans mon soulier emporte Boulogne dans son cœur.

 

Je t’aime, mais je te quitte

 

Nous avons pourtant eu du bon temps, tous les deux.

Nous avons vécu des moments doux, des balades le nez au vent des bords de Seine, des retours du cinéma ou du restaurant dans la douceur d’une chaude soirée d’été ou la désagréable surprise d’une averse hivernale.
Nous avons eu de belles solitudes et de belles rencontres, appareil photo en bandoulière, enfant en main, ou l’inverse.

Un caillou dans mon soulier

« Nous avons vécu des moments doux, des balades le nez au vent des bords de Seine » – CR C. Charbonnel

Toi et moi, nous nous sommes rencontrés à moitié par hasard, à moitié par contrainte. Je n’étais qu’un des prétendants, tu n’étais qu’une des possibilités. Mais nous avons réussi à nous apprivoiser et même à nous aimer. Tu m’as montré l’adulte que je venais de devenir et j’ai grandi avec toi. Je t’ai quittée, et quand je suis revenu, tu m’as accueilli avec les bras encore à la forme de mon corps. Je t’ai trouvée changée, encore plus belle, encore plus douce. Je t’ai présenté mon enfant, et tu l’as adopté.

Et pourtant, je repars, et cette fois peut-être pour toujours. Je repars pour Elle. Elle qui a le parfum du déjà vu, la douceur de l’enfance et encore les souvenirs de mon adolescence.

Mais, je t’aime encore.

Un caillou dans mon soulier

Le sourire du clown – CR C. Charbonnel

Tu es ma ville d’adoption. Une ville que j’ai arpentée de long en large, dans toutes les tenues, toutes les alcoolémies et à toutes les vitesses. J’y ai bousculé mes concitoyens en roller, en vélo, en trottinette mais surtout lors de mes trajets matinaux de cardio-poussette. Tu as vu grandir mon fils, supporté ses mignons petons, ses pipis urgents entre deux voitures ou ailleurs, ses pieds qui grimpent et ses mains qui touchent.

Tu es un havre citadin qui protège un peu du parisianisme de ton encombrante voisine. C’est le sud-ouest du trop-au-nord, le bout de ligne – mais de ligne de métro. Belle et plurielle, un peu snob, un peu bobo et pas trop grande, tu ne fais pas peur et tu donnes accès à la ville-lumière sans risquer de s’y perdre.

Tes défauts ne sont pas légions, le plus fatiguant au quotidien étant ton nom. Sache que « Boulogne-Billancourt » est long à écrire sur les courriers ou sur les chèques, mais, plus encore, qu’il n’entre pas dans les cases d’un grand nombre de formulaires.

Ta successeur – qui est aussi ta prédécesseur – n’a que huit lettres, pas de métro et est déjà au sud-ouest. Elle est au bord de l’eau, c’est dans son nom. Elle est à côté d’un océan dont l’infini manque au regard de celui qui s’en éloigne. Autour d’elle, l’air vient de loin. Il vient des vignes, des pins, des bois ou de l’océan, encore lui. Parfois même du Sahara.

Je t’aime, mais j’y retourne.

J’y retourne parce que je l’aime aussi. Parce qu’elle est la terre où j’ai planté mes pieds d’enfant. Toi, qui as été l’engrais dans lequel a poussé l’adulte que je suis, tu sais peut-être mieux que quiconque que certaines plantes ont besoin de puiser leur force dans leurs racines.

Retrouvez Monsieur Caillou sur son blog, et suivez son actu d’écrivain !

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