Bonjour à tous et à toutes !  Prêts pour une nouvelle escale ?

Alors en route …

« D’habitude je préfère les gens à leur environnement… »
Eh bien aujourd’hui je vous propose d’ouvrir pour vous une porte secrète qui nous emmènera à la rencontre d’un couple mythique : une légendaire petite pièce souvent désuète et un homme qui s’y transformera en Joueur. En elle réside la source où il puise sa force, son honneur et le respect. On verra qu’à l’intérieur de ce lieu, ils ne font qu’un.

C’est par un dimanche du mois de Mai à la lumière tranchante au lieu dit « LE SAUT DU LOUP » mon stade de rugby de Boulogne-Billancourt, que je pose mon scooter. Dès mes premiers pas dans l’enceinte, je suis envahi par une émotion qui me prend aux tripes. La musique bat son plein devant le club-house, une Banda locale fait vibrer les Aficionados et tout le stade ressemble à une bodega géante. C’est sous le signe du SUD-OUEST que les joutes vont débuter au grand ravissement des familles qui vont vivre une grande journée. Pendant ce temps, les joueurs se font une place dans le cercle devant le couloir, pour ne former qu’une seule entité en attendant de pousser la fameuse porte.
Non loin de là mais toujours proche du groupe, un homme a l’air songeur les yeux fixés sur l’horizon. C’est le coach Philippe Duhamel, son calme et son grand gabarit rassurent. C’est avec son adjoint Taleb qu’il fera le rituel du passage. C’est bientôt l’heure et l’excitation est palpable.

Les vestiaires.
L’entrée se trouve à l’autre bout du club-house, face au terrain. On en distingue à peine la porte, à l’abri des regards, le vestiaire va être le seul témoin autorisé au rituel de la transformation individuelle et collective du joueur de rugby.

Il est 14h quand d’une impressionnante discipline, les joueurs de l’ACBB prennent le chemin de l’antre et pour la première fois la porte s’ouvre. Je pénètre à mon tour dans cette chambre des secrets. J’essaye de trouver un endroit discret pour ne pas gêner les joueurs. Je me fais le plus petit possible, mais je n’ai pas de mal vu mon gabarit !
Les joueurs sont tous assis les uns contre les autres : le collectif à déjà pris le pas sur l’individuel. Les visages sont fermés prêt à écouter ces mots qui vous transcendent, qui enlèvent la « sainte trouille » de mal faire. Le cocktail est enivrant et fort. Je reconnais l’odeur du camphre, sur le sol des bouteilles d’eau, de l’élasto, les crampons, pour certains comme neuf pour d’autre il respire le match de la semaine dernière comme par superstition. Le plus impressionnant est ce silence, ces regards. La tête entre ses mains les yeux fermés certains essayent déjà de se préparer au combat, d’autres ont déjà revêtu le maillot qui les aide à passer plus vite du côté joueur.
Comme un générique, la saison défile dans leur tête, on ne retient dans ces moments que les beaux enchaînements, les gestes techniques les mieux réussis. Vient maintenant le discours des coachs. Dans un silence de cathédrale, aucune mouche ne vole, cette fois ci, ça y est la fameuse connexion va se faire. Pas de longue phrase, mais des mots rien que des mots qui dans ce contexte touche le mec et le fait passer en mode joueur.
– « Vous avez fait de grandes choses cette année… »
– « Je ne veux plus compter sur les autres… »
– « J’ai besoin de toi… »
– « Faites vous plaisir… »
– « Les tribunes sont pleines… »


Après cette préparation mentale et dans un élan collectif, les joueurs se lèvent et partent pour l’échauffement.
20 minutes plus tard la porte s’ouvre pour la deuxième fois. Dernier préparatif physique, pose de strapping avant de rentrer dans l’arène. Mais il reste un rituel que tous joueur de rugby gardent en mémoire et qui soude un groupe : le fameux discours du capitaine dans les douches. À cet instant, je ne sais plus si je suis un observateur ou un joueur, et je vous avoue que cette sensation est excitante, j’ai envie de rentrer dans leur cercle.

C’est le moment que je préfère, ils sont là dans ce lieu intime qui leur appartient formant le cercle, ils ne font qu’un. J’ai la sensation de puissance, d’intimité. Ils soufflent, leurs râles en disent long, les crampons accompagnent les mots du capitaine et des leaders, les contacts sont rudes. L’arbitre siffle-il faut y aller les gars. L’arène du Saut du Loup est comble et la banda leur donne une dernière motivation : celle d’être dans leur stade pour ce combat sous les yeux du seizième homme, le public boulonnais.

Vous voulez savoir si cette alchimie, ce cocktail d’avant match ont tenu leur promesses ? Et bien oui la victoire fut belle et résonne encore dans les travées du stade. Quelle après-midi, je remercie les deux entraîneurs, Philippe Duhamel, Taleb Tounsi ainsi que tous les joueurs présents pour m’avoir fait revivre les vestiaires. Et il restera gravé dans ses murs une part de leur histoire.

J’espère que cette escale vous a plu, pour la prochaine nous irons à la rencontre des hommes célèbres du ce club Nick, Eugénio, jules …Et bien d’autres.

Bon la dernière pour la route,
“Le rugby, c’est une passion de tous les instants, une manière d’être qui réunit les hommes les plus divers, de l’Ecosse à l’Afrique du Sud, de la France à la Nouvelle-Zélande. C’est l’amitié fraternelle entre le paysan et l’étudiant, l’ouvrier et le cadre en col blanc, le bistrotier et le médecin. C’est un viril alcool à déguster lentement.” Jean-Pierre MOGUI Ecrivain
C’est beau non ! ! ! !

À très bientôt, pour une nouvelle aventure,
Votre guide local
Éric FAUTHOUS