Ambroise Paré.

Dans un froid gourd et gris, je parcours l’allée jardin de l’hôpital « non fumeur. » On n’y croise que des fumeurs compulsifs qui se dépêchent d’avaler la dernière goulée avant de s’aller réchauffer dans le hall assez accueillant, même si personne ne nous attend derrière la banque d’accueil….

Où se trouve donc cette exposition du musée de la chirurgie sur Ambroise Paré ? J’en suis quitte pour faire un tour du hall.

De tous côtés je tourne mes pas… Mais d’Ambroise Paré point…

En revanche, de nombreuses affiches ornent sporadiquement les murs du vaste hall… Et comme ce sont de bons conseils, je vous les ai photographiées :

les taxis conventionnés

dépistage du cancer colorectal

les associations qui oeuvrent à l'hôpital

Que faire en cas de canicule ? Ce jour de froidure l’affiche manque d’à propos, mais ça peut resservir dans 10 mois.

On apprend aussi que les fruits de mer figurent à certains menus, et que cela fait des envieux… Attention à l’acide urique !

Et d’aventure, vous apprendrez aussi qu’il existe une association qui s’occupe de votre arthrose, Arthritis !

Enfin, seule la CGT a collé ses affiches dans le hall au sujet des retraites :

Le relais H a tous les journaux, même de jardinage, quelques romans et un livre sur le cancer du poumon pour nous égayer sans doute… et le café H sert des chocolats chauds en continu. C’est bienvenu…

En face des caisses, des micro-poissons barbotent sans but dans un aquarium, et Ambroise, belle tête énergique d’âge mûr, apparaît enfin, oublié au dessus d’un écriteau qui indique la clôture de l’exposition le 16 octobre. Quelle idée aussi d’être venue la dimanche 17 ? !

Si vous voulez en savoir plus sur Ambroise Paré : http://agora.qc.ca

Et comment ne pas faire le lien entre le premier des chirurgiens, celui qui a inventé la ligature des artères et limité ainsi les amputations, et le pionnier français de la greffe du cœur et l’inventeur de la greffe cœur-poumon, Christian Cabrol… qui, de son vivant laisse son nom au musée de la chirurgie, avec Léon Binet dont le nom orne le plus grand amphi de la fac de médecine de Paris ? C’est au musée de la chirurgie que nous devons cette exposition-hommage à Ambroise Paré, que je n’ai donc pas vue…

Le professeur Cabrol - DR

Je me souviens encore de sa haute stature, déjà un peu voûtée dans la force de l’âge. Il avait la confiance dans le travail, les gestes 100 fois répétés, la force de la confiance en lui-même… C’était notre professeur d’anatomie en 1968… L’année de la greffe du cœur… Ça se passait dans notre CHU.

La chirurgie, on la vénérait… C’était la médecine visible, la guérison spectaculaire, les miracles étaient dans le possible des humains… Et nous, on était là enivrés d’envies…

L’un de ses professeurs agrégés travaillait sur les greffes du foie. On l’a servi fidèlement pendant un an dans ses opérations exploratoires sur de petits cochons tachetés de noir, que l’on coursait à l’occasion à travers les couloirs.

Chaque semaine, dans l’ancienne faculté de médecine, on les préparait sur deux tables d’opérations voisines. Anesthésies. On savait qu’on sacrifiait le donneur, mais chaque semaine, on a guetté le réveil du receveur… sans succès durable.

Des sacrifices doubles, sur des organismes proches de l’homme…

Les survivants à des maladies ou des malformations incurables sont maintenant très nombreux. Ils doivent la vie à ces précurseurs et aux donneurs.

D’Ambroise Paré à Christian Cabrol, cinq cents ans de chirurgie se sont écoulés. Et ce n’est pas fini.

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