Le premier CRÂNE

Bien que je ne sois pas fana de la première de couverture, j’ai plongé avec délices dans cette histoire palpitante. Je ne l’ai pas lâchée et, le temps d’un week-end, j’ai vécu une aventure trépidante et intellectuellement stimulante. En quelques paragraphes, Nicolas Sker nous embarque dans un suspens très rythmé, où les bons, les méchants et les indécidables avancent à marche forcée pour résoudre une énigme scientifique  qui devient vite existentielle. Et si … ? Oui, mais alors … ? Les personnages sont confrontés à une interrogation sur l’origine même de l’humanité et se combattent pour acquérir ce savoir et la puissance qu’il contient et permettre enfin à l’humain de devenir l’égal des Dieux. L’objet des interrogations est un crâne, symbole s’il en est de la contingence de l’être humain – berceau en os voué  à la disparition et protecteur pour un temps d’une âme éternelle ; or ce crâne semble échapper lui-même à la disparition ! Et toute la science, équipée de ses instruments les plus modernes, ne sait comment expliquer ses propres conclusions – le crâne apparaît comme plus ancien que l’humanité ! Voire que la création du monde … Nicolas Sker nous emmène dans les laboratoires les plus pointus, nous permet de découvrir les outils des scientifiques, puis, changeant d’univers, nous confronte à l’ésotérisme et aux artistes qui, au cours des temps, ont tenté de se rapprocher des dieux. Nous passons donc du CEA et du carbone 14 au tableau des bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, tout en découvrant que celui-ci était l’ami maçonnique des physiciens de son époque. Et l’on repart, suivant la jolie foulée de la belle Evanah, qui va courageusement combattre le méchant dans sa propre citadelle, pour la plus grande peur et la plus grande joie de celui qui s’est mis à l’aimer.

Car, c’est bien d’amour dont  il s’agit ! L’histoire nous y mène inexorablement. Et lorsque l’on voit Nicolas Sker regarder sa fille et sa femme, c’est une évidence que le chemin parcouru a aussi été le sien. Et il en parle, très simplement, très librement.

Nicolas Sker au salon du livre boulonnais le 4/12/11

Nicolas Sker au salon du livre boulonnais le 4/12/11

Oui, cette quête est la sienne, c’est celle du sens de sa propre vie, et de la nôtre.  Il avait une vie, très intense, avec succès et responsabilité dans un univers professionnel qu’il aimait. Et puis, au rivage de la trentaine, le trou noir, la dépression, d’un seul coup le vide et les questions qui vrillent l’âme et le corps — que faisons nous ici, à quoi tout cela sert-il, qu’il y a-t-il après ?

Oui, il a traversé le désert et a recommencé à vivre en rencontrant son épouse, en écrivant et en entendant celle-ci lui dire chaque jour « Ecris la suite, j’ai hâte de savoir ce qui se passe ». Il écrivait dans sa tête, le matin, au calme de la maison endormie ; et rédigeait le jour, lorsque le travail qu’il avait repris en moins exposé, lui laissait quelques moments de pause et de paix. Aimer écrire une histoire qu’aime la femme que l’on aime … Chaque jour un morceau d’histoire, chaque jour une pierre pour bâtir son oeuvre et sa vie ; la reconstruction est elle-aussi une affaire de temps.

Et puis leur fille est née, et il a définitivement retrouvé le sens et l’espoir ; et  son livre s’est achevé sur un avenir inattendu et plein d’espoir. Inattendu comme un premier enfant, insaisissable comme un infini qui se présente, et plein d’espoir car tout recommence ; l’amour est là et l’éternité n’est pas loin.

Nicolas Sker écrit depuis toujours, des nouvelles mais aussi des scénarios pour des émissions de télévision – c’est son métier. « Le premier Crâne » est son premier livre publié  et certainement pas le dernier.  Le suivant serait d’ailleurs  déjà en cours d’écriture … J’oubliais : Nicolas est boulonnais et aime cette ville, et nous en reparlerons.

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