Grand huit

Le lundi 10 janvier 2011, les Boulonnais étaient invités à débattre du projet de métro automatique du Grand Paris. Malgré une information tardive, la grande salle du carré Belle-feuille était bien remplie. Dans le hall, chacun pouvait prendre les très nombreux documents mis à disposition : cahiers d’acteurs, brochures diverses autour du projet, plans… avant de rejoindre l’auditorium.
Au sein du public, on reconnaissait les élus locaux de Boulogne Billancourt, maires adjoints et conseillers municipaux : le Maire, Pierre-Christophe Baguet, les anciens maires de Boulogne Bilancourt, MM. Fourcade – rapporteur au Sénat de la loi sur le Grand Paris – et Duhamel ; les députés-maires d’Issy les Moulineaux et de Sèvres – M. Santini, par ailleurs Président de la Société du Grand Paris, et M. Kosciusko-Morizet -, le Président du Conseil Général, M. Devedjian, le Préfet, trois représentants de la Société du Grand Paris et trois représentants de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), ainsi qu’un représentant de la RATP. Cette liste non exhaustive vise surtout à montrer combien le projet mobilise les politiques.

Pour ouvrir  la séance, le Président de la CNDP, M. Leblond, présente les intervenants à la tribune et souligne la lourdeur de la méthode, mais aussi son intérêt, puisque jusqu’au 31 janvier, 54 réunions publiques auront lieu (38 ont déjà eu lieu et mobilisé plus de 15 000 personnes). Après avoir cédé le micro à Pierre-Christophe Baguet qui rappelle les grandes étapes des débats du Conseil Municipal sur le sujet, M. Leblond exprime le  souhait que chacun puisse s’exprimer. Il informe le public que la synthèse sera faite dans les deux mois après la fin des débats et que le maître d’ouvrage (la Société du Grand Paris) aura ensuite deux mois pour y répondre. Il signale qu’on peut consulter les questions sur le site de la Société du Grand Paris.

Isabelle Rivière, de la Société du Grand Paris, prend ensuite la parole pour  présenter le projet. La projection d’un film rappelle d’abord le contexte régional, départemental et local, ainsi que l’histoire du réseau de transport de la région, qui souffre d’une mauvaise communication entre banlieues.
Le projet de métro automatique est long de 155 Km et dessert 40 gares à 65 Km/h. Entièrement automatique et souterrain, ce métro accueillera 1000 passagers par rame toutes les minutes et demie, ce qui devrait entraîner une baisse importante des temps de transport moyens ainsi qu’un désengorgement des lignes les plus fréquentées.

Trois lignes seront créées ou aménagées, une rouge (23 gares), une bleue (22 gares) et une verte (16 gares), qui formeront un grand huit. Les gares doivent non seulement permettre d’optimiser les interconnexions avec les réseaux existants, mais aussi proposer un nouveau concept de gare, « espace de vie. » L’une d’entre elles est prévue au Pont de Sèvres et constitue le point crucial du débat de ce soir*.

La mise en œuvre du projet s’étagera de 2012 à 2023 pour un coût estimé entre 21 et 23 milliards d’euros ; la première mise en service d’un tronçon aura lieu en 2018. Il convient de souligner pour ceux que l’ampleur du projet étonnerait qu’aucun projet de transport d’envergure pour les banlieues n’a vu le jour depuis plus de vingt ans.

Projet de transport à Londres

Au cours de la partie débat proprement dite, Mme Rivière a répondu aux questions avec M. Veron, Directeur Général de la Société du Grand Paris. Pour éviter de citer les noms des intervenants et de reprendre l’intégralité du débat, j’ai regroupé les sujets en trois grandes catégories : les nuisances et la prise en compte de l’environnement, le phasage des travaux et la question particulière de la station Pont de Sèvres/ île Seguin.

En ce qui concerne les nuisances et l’environnement, Mme Rivière souligne à nouveau que ces points ont fait l’objet de la plus grande attention. Le bruit sera réduit en raison de l’enfouissement du réseau et des gares à environ 20m sous terre. L’impact sur l’environnement et les sous-sols a été étudié  avec le plus grand soin et le choix des matériels roulants contribuera à la réduction des nuisances vibratoires ou sonores. Pour Boulogne, la réduction du trafic sur l’axe Vaillant/Leclerc pourrait atteindre 10-15 % et la ligne 9 serait également soulagée. Le responsable de la RATP saisit l’occasion pour dire que le remplacement du matériel roulant de cette ligne devrait commencer en 2012.

Le planning ou « phasage »dont il a déjà été question, prévoit un démarrage des travaux en 2013 sur plusieurs tronçons à la fois. Certaines portions des deux projets « concurrents » Grand Paris et STIF (Arc Express) font  l’objet d’un quasi consensus comme dans le cas de la ligne rouge, permettant une mise en chantier dans les délais. A plein régime ce seront 8 à 10 tunneliers qui travailleront ensemble, ce qui est indispensable sachant qu’un tunnelier progresse de 3,5 km par an.

Pour  l’implantation de la Gare à Boulogne, deux options sont envisagées : une au pont de Sèvres et/ou une sur l’île Seguin. Pour de multiples raisons : fluidité des flux de passagers lors de manifestations sur l’île, maillage avec les réseaux de bus et de métro, faisabilité technique pour le franchissement de la Seine et la déclivité pour rejoindre Saint-Cloud… il semble que la solution du Pont de Sèvres soit « préférable »ou « préférée. » La desserte de l’île et du trapèze se fera dès lors par l’évolution du réseau actuel ainsi que par la mise en place de liaisons spécifiques : passerelle, souterrain ?  Enfin, des places de parking sont programmées : 800 au Pont de Sèvres par ré-allocation des places actuelles ; 600 au pont Renault et 600 au pont Daydé.

Quelques intervenants ont souligné l’absence de projet de transport interne à Boulogne Billancourt ou à GPSO (la communauté d’agglomérations) permettant de prendre en compte la desserte  du trapèze et plus globalement celle de la ville par des transports collectifs. En clair, l’assistance paraissait avoir quelques difficultés à se projeter dans un système de transport qui ne sera achevé qu’en 2023 et était préoccupée par la résolution immédiate des problèmes de transport.

Au total, près de trois heures d’information et de débat courtois qui apporteront, souhaitons-le, une contribution au projet de transport futur et permettront de prendre en compte les remarques émises.

Pour en savoir plus sur le Grand Huit, consultez le site du débat public.
Le verbatim de la réunion du 10 janvier est disponible ici.
*Au sujet de la future gare du Pont de Sèvres, n’oubliez pas de répondre au questionnaire des étudiants de Sciences-Po sur les équipements et services à prévoir.

The following two tabs change content below.
Avatar

steph

Boulonnais depuis bientôt 35 ans, j'y ai fait venir ma femme qui ne quitterait plus la ville pour un empire. Avec elle nous avons déménagé deux fois à BB et donné le jour à deux enfants, eux aussi boulonnais. et nous venons d'y prendre notre retraite. Conseiller de mon quartier depuis 2003, j'essaye de participer le plus possible à la vie de BB. La rencontre avec mes complices de l'e-bb me permet de vous faire bénéficier de tous nos bons plans et de notre passion pour cette ville. Si vous croisez un homme aux cheveux blancs tiré par un chien encore plus blanc, il y a de forte chance pour que ce soit moi.