Le conseil du 9 octobre 2014 comptait 25 points à l’ordre du jour. On vous présente les principaux.

Soutien aux minorités chrétiennes et yazidis d’Irak

C’est à l’unanimité que le conseil a voté une aide de 22 950 euros aux populations d’Irak mises en fuite par le terrorisme. Une somme plafonnée par les textes, d’où cet étrange montant.

Validation du départ de Vélizy

On en a déjà longuement parlé : dès le lendemain des municipales, le conseil de Vélizy a décidé de quitter la communauté d’agglomération de GPSO, probablement pour rejoindre celle de Versailles Grand Parc, dans les Yvelines. Le processus de départ, à l’instar du processus d’intégration, supposait un vote à l’unanimité du conseil communautaire, obtenu le 26 juin dernier, puis le vote à l’unanimité de chaque conseil municipal de GPSO (8 en tout).

pierre-christophe baguet

pierre-christophe baguet

Le maire, Pierre-Christophe Baguet, a été un peu plus disert devant ses conseillers que lors de la séance communautaire, estimant que Vélizy partait « un peu précipitamment. » C’est que le prétexte avancé – la crainte de la Métropole du Grand Paris – perd de son poids après les récentes évolutions du dossier. « A mon avis, ils reviendront peut-être un jour » a ajouté le maire.
Pierre Gaborit (PS), tout en annonçant que son groupe voterait pour – « Il est difficile de ne pas voter pour le vœu d’une commune » – n’a pas voulu s’en tenir à la version officielle, estimant que « le problème est plus complexe qu’il n’est présenté. » Il a fait une allusion aux bisbilles de la droite locale, qui ont pesé sur la campagne vélizienne.
Solidarité oblige, Pierre-Mathieu Duhamel (UMP), a tenu à souligner que lui ne connaissait rien de la politique locale, mais qu’il « [comprenait] assez bien la cause de ce départ. »
Au vu des débats ayant accompagné ce feuilleton depuis plusieurs années, on se contentera pour notre part de rappeler que Vélizy, qui perçoit une très forte CVAE (principale taxe remplaçant la taxe professionnelle, qui alimente le budget des intercommunalités), était convoitée de toutes parts…

Un centre de loisirs pour les 11-15 ans

declicadoC’est une vraie nouveauté, présentée par Frédéric Morand, adjoint à la Jeunesse : reprendre le principe du Centre de loisirs pour l’appliquer à un public d’adolescents, avec des activités adaptées à leur âge. Les loisirs devraient être couplés à une dimension éducative et préventive. Cette structure qui devait être expérimentée durant les vacances de la Toussaint, a depuis été reconduite pour les vacances de Noël, et étendue à tous les mercredis après-midi. Pour la mettre en place, Monsieur Morand a consulté les principaux des collèges, et a bien précisé que les jeunes eux-mêmes pourraient faire des propositions. C’est du reste le slogan qui a été adopté par « DéclicAdo » : Viens avec tes envies !
Judith Shan (PS) a demandé à ce que les animateurs recrutés correspondent bien à ce nouveau public, et a suggéré de penser à des formules de séjour pour les 11-14 ans durant les périodes d’examen en temps scolaire (le DNB notamment).
Chloé Jaillard (PS) en a quant à elle profité pour réclamer une révision de la grille tarifaire, préconisée par le CESEL dès 2012, en incluant un taux d’effort. Le maire lui a répondu qu’avec près de 500 tarifs, la grille était très délicate à changer.

Débat autour d’une modification du budget

christine lavarde

christine lavarde

Christine Lavarde, adjointe aux Finances, a ensuite présenté une modification du budget. Au rythme soutenu qui la caractérise, elle a énuméré les points suivants (on en profite pour émettre un vœu au nom du public : pourquoi ne pas utiliser plus souvent le vidéo projecteur lorsqu’on parle chiffres ?) :

  • Les goûters attenants à la mise en place des rythmes scolaires coûtent cher : 376 000 euros pour seulement 152 000 euros de recettes.
  • Peut-on parler de surprise ? Comme d’habitude, les droits de mutation ont été supérieurs aux estimations du budget prévisionnel : près d’un million d’euros de mieux.
  • Concernant l’endettement consolidé, il s’accroît très temporairement d’1,2 millions d’euros dans l’attente d’une cession immobilière correspondante. A 500 000 euros près, le budget primitif était exact, a souligné Christine Lavarde. Ce sujet étant sensible, elle a ensuite détaillé : la dette de la Ville s’élevait le 31 décembre dernier à 174,2 millions d’euros, et dans le même temps, la Ville a acquis pour 108 millions d’euros de patrimoine grâce à la construction de nouveaux équipements.
    Concernant la SAEM, la Ville garantit désormais 57 millions d’euros d’emprunt, soit 5 de moins qu’auparavant.

Sans surprise, Pierre Gaborit est monté au créneau, contestant tout d’abord la méthode de consolidation de la dette. « Si la SAEM périclite, la Ville paiera tout, et pas seulement la part garantie » a-t-il rappelé sévèrement.

Pierre Gaborit

Pierre Gaborit

Mais sa préoccupation majeure portait sur des cessions de parkings sur le Trapèze : la Ville aurait dû enregistrer 20 millions d’euros de recettes au 31 décembre et les avait inscrites au budget. Mais pour Pierre Gaborit, l’un des deux parkings n’étant pas encore livré, on ne pouvait être sûr de percevoir cette somme à date dite. « Le rôle de l’opposition, c’est d’essayer de résoudre les problèmes quand ils se présentent » a-t-il ajouté avant de prononcer un mot qui, à retardement, devait déchaîner les foudres du maire lors du conseil communautaire la semaine suivante : insincère. Pour éviter cet écueil fatidique au budget, il préconisait de n’inscrire que 10 millions d’euros en recettes (correspondant au parking livré), et 10 autres comme emprunt sur une ligne « prévision de tirage d’emprunt, » qui ne seraient mobilisés qu’en cas de report de la recette correspondante.
Des subtilités d’écriture qui sont sans doute d’un grand poids au plan administratif, mais qui n’ont pas convaincu Christine Lavarde. Cette dernière a affirmé que le budget était sincère, et que c’est GPSO qui verserait la somme d’ici le 31 décembre. A ces mots, Pierre Gaborit s’est fâché en lançant que le contrat n’était pas encore signé, mais rien n’y a fait.

La délibération suivante, au cours de laquelle Christine Lavarde a annoncé que le budget 2015 ne serait voté qu’au mois de mars, compte-tenu des incertitudes actuelles, a achevé d’exaspérer l’élu d’opposition. « Il y a toujours des choses qui se passent après ! Il faudrait voter notre budget en même temps que l’État vote le sien » a-t-il plaidé en vain. Le groupe PS a donc voté contre les autorisations budgétaires qui doivent permettre à la Ville de tenir de janvier à mars.

Les questions orales

Deux questions orales ce soir-là :

Judith Shan, conseillère régionale PS de Boulogne

Judith Shan, conseillère régionale PS de Boulogne

Vincent Guibert (PS) a demandé l’instauration d’une zone piétonne permanente en centre-ville, entre la place Marcel Sembat et la Route de la Reine.
Gauthier Mougin, adjoint à l’Urbanisme, a décliné la proposition, mais il a annoncé que la Ville mettrait en œuvre un « parking-day, » id est une journée où les places de stationnement en surface sont investies pour en faire autre chose. Un projet qui n’est pas sans rappeler les parklets inscrits au programme de la liste La ville citoyenne aux dernières municipales !

Judith Shan (PS) s’est enquise de son côté du sort des familles du Square de l’Avre, qui avaient demandé, sans suite, à être reçues par le maire et dont les soutiens venaient de manifester sur le parvis.
Pierre-Christophe Baguet a répondu en insistant qu’il le faisait parce que Judith Shan était une élue. Il a jugé que le « tam-tam » était contre-productif, avant d’expliquer que personne n’était tenu de reloger des personnes expulsées dans ces conditions. « Le Préfet a pris la responsabilité de le faire, il assume toute sa responsabilité » a-t-il martelé, avant de réagir aux propos tenus par les associations de défense : « le mépris, c’était envers les 800 autres familles  ! » Il a enfoncé le clou en insinuant que le dossier faisait l’objet d’une récupération politique, revendiquant quant à lui, sous les applaudissements se sa majorité, « prudence et discrétion. »

Prochain conseil le 18 décembre à 18h30 !