Christophe Verrier et Jérôme Villeminot

Christophe Verrier et Jérôme Villeminot

Dans deux ans environ Waves in City ouvrira le premier complexe sportif permettant aux surfeurs citadins de pratiquer ce sport dans leur ville, loin des vagues de l’océan… Rencontre avec le Boulonnais Jérôme Villeminot, grand passionné de surf, à l’origine de ce projet.

Surfer sur l’adaptation des sports extrêmes

Waves in City est un concept créé par des surfeurs. Vous en êtes un. Vous avez également étudié à l’EM Lyon Business School. Parlez-nous un peu de vous et votre parcours…

Jérôme Villeminot : Je suis originaire du Pays Basque, d’où ma passion pour le surf que je pratique, évidemment. Sur le CV, j’ai un « profil commerce » et plus particulièrement financier, puisque j’ai travaillé dans les services financiers de grandes entreprises. Ce projet, c’est la passion qui rejoint la raison !

Je suis parti d’un constat : à l’heure où les sports extrêmes comme l’escalade indoor ou la plongée en fosse explosent, on ne peut pas surfer dans les villes loin de l’océan. Même s’il existe des alternatives de glisse aqualudiques comme les piscines à remous du type « Aquaboulevard », elles créent des vaguelettes non-adaptées pour le surf.

Je suis le fondateur du concept et de la société Waves in City. Trois ou quatre mois après avoir écrit le business plan, j’ai appelé mon collègue et ami Christophe Verrier, également passionné par le surf, pour lui en parler. Il a tout de suite été emballé et est devenu co-fondateur de Waves in City. Avec trois autres associés, nous avons créé un comité stratégique qui nous permet d’échanger sur la stratégie de l’entreprise. C’est important, car même en ayant une bonne expérience dans ce domaine , on peut avoir du mal à prendre du recul en travaillant seul, surtout que dans le projet Waves in City, tout est très nouveau et ambitieux.

Nous nous sommes rapidement rendus compte qu’il y avait une demande sur le marché. Alors nous nous sommes lancés dans l’aventure, en sachant qu’aujourd’hui, les technologies de vagues artificielles sont vraiment fiables.

Waves in City : indoor DR

Waves in City : indoor
DR

La cible des grandes villes

Comment fonctionnent ces vagues artificielles ?

J.V : Il existe plusieurs techniques. La première consiste à comprimer la surface de l’eau pour créer une perturbation. En somme, de faire comme le vent. Mais cela consomme beaucoup d’énergie et ne permet pas de créer des vagues surfables.
Alors, nous avons choisi une deuxième technique qui consiste à reproduire l’onde sous-marine, c’est-à-dire l’onde qui déplace l’eau qui vient alors buter sur les côtes et donc, par gravitation, faire lever une vague qui déferle. On provoque cette onde pour que l’eau bute sur les côtés du bassin qui est en forme d’accent circonflexe inversé.

On a donc besoin de beaucoup d’espace : pour avoir de vraies vagues de surf outdoor, on a besoin d’au moins 3 hectares, soit trois terrains de football ! C’est une des contraintes du projet et c’est ce qui le rend si ambitieux. En ville, c’est très difficile de trouver de si grands espaces bien desservis.
Pour toutes ces raisons-là, le premier complexe n’ouvrira pas avant deux ans.

Dans quelles villes souhaitez-vous ouvrir des complexes Waves in City  ?

J.V : Notre projet prioritaire est celui de Paris. D’une part parce que c’est notre capitale, d’autre part parce que Paris est la première ville de France à avoir une population de moins de 40 ans, notre cible potentielle. Ensuite, nous aimerions dupliquer le concept en province.

Nous ne croyons pas à Waves in City en bord de mer comme à Bordeaux, par exemple. Bien que certains arguments soient recevables, comme le fait que nos complexes ne seront pas soumis aux aléas météorologiques, nous pensons que la clientèle ne serait pas forcément au rendez-vous, car quand ils ont le choix, les gens préfèrent l’océan, tout simplement !

Waves in City : outdoor

Waves in City : outdoor

Waves in City, complexe sportif et atout touristique

Pensez-vous que Waves in City pourrait avoir un impact touristique dans les villes où vous serez implantés ? Quelles sont les conséquences environnementales de vos complexes surfables ?

J.V : Je pense, oui. En tant que projet d’infrastructure et d’aménagement du territoire, Waves in City renforcera, par son côté innovant, le tourisme des régions dans lesquelles nous serons présents.

Concernant les conséquences environnementales, nous ne consommerons pas tant d’eau que ça. Nous aurons à remplir le bassin seulement une fois par an. Il fonctionnera ensuite en circuit fermé, en réutilisant en plus les eaux de pluie. L’eau est une ressource rare, il est hors de question de la gâcher !

Nous avons également décidé d’aménager les complexes de façon à reproduire un écrin de verdure avec de la pelouse, du sable, des pins. Notre objectif est de rester authentique.  Quand on est surfeur, on aime la nature, puisque le surf se pratique dans un milieu naturel !

Waves in City : le concept DR

Waves in City : le concept DR

Entreprise sociale et solidaire

Waves in City est une « entreprise sociale et solidaire, » pourquoi ?

J.V : Nous voulons également aider le développement social, car nous ne souhaitons pas seulement faire un complexe sportif de loisir. Le surf est très communautaire et social, comme beaucoup de sports de glisse !  Nous avons  l’agrément « Entreprise Sociale & Solidaire » et avons pour projet de développer l’emploi des jeunes pour qui c’est de plus en plus difficile.

En outre, Waves in City est partenaire de l’Association Nationale Handi Surf qui via des professeurs formés spécialement,  encadre et apprend le surf à des personnes en situation de handicap mental comme les autistes et les trisomiques 21. On sait que les expériences sportives sont très bénéfiques pour elles, car elles leur permettent de sortir de leur bulle. De plus, l’eau a un caractère très apaisant quand on est bien encadré et en confiance. C’est le rôle de nos moniteurs. Grâce aux sensations que procure le surf, ces personnes peuvent oublier leur handicap. Nous voulons vraiment promouvoir cela, d’autant plus que je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas créer  un business grand public sans aucune dimension sociale.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de Waves in City ! 

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Passionnée par l'actualité, la lecture et le théâtre, j'espère devenir journaliste culture. Merci à l'e-BB de me laisser l'opportunité d'écrire mes premiers articles !